Japon

Yasukuni: la visite du sanctuaire par Shinzo Abe nourrit les tensions entre Japon et Chine

Le Yasukuni honore plusieurs personnalités condamnées pour crimes de guerre.
Le Yasukuni honore plusieurs personnalités condamnées pour crimes de guerre. REUTERS/Yuya Shino

La visite ce jeudi 26 décembre du chef du gouvernement japonais sur le sanctuaire de Yasukuni - un sanctuaire qui rend hommage aux Japonais morts lors de la Seconde guerre mondiale -, a été qualifiée d'« anachronique » par la Corée du Sud et risque d'« attiser les tensions », selon l'ambassade des Etats-Unis. Ce sanctuaire est l'un des symboles du militarisme japonais pendant la Seconde guerre mondiale.

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Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

 

En se rendant au sanctuaire de Yasukuni, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, veut signaler à sa droite nationaliste - minoritaire mais fort influente dans les allées du pouvoir à Tokyo -, qu’il est décidé à dire « non » à la Chine. A lui dire qu'elle va trop loin.

Ce sanctuaire a servit d’armature idéologique aux militaristes japonais durant la Seconde guerre mondiale. Parmi les « morts pour la patrie » qui y sont honorés, on compte des criminels de guerre, ce qui provoque la colère de la Chine.

Shinzo Abe est décidé à réviser la Constitution pacifiste japonaise. Il veut faire du Japon un pays comme les autres, intégré dans le système de défense collectif américain, car il perçoit la Chine comme une menace, aujourd’hui.

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Shinzo Abe estime que la Chine va trop loin, avec les incursions quotidiennes de ses bateaux de guerre autour des îles Senkaku. Ces îles, administrées par le Japon, sont revendiquées par Pékin. L'établissement unilatéral d’une zone de défense aérienne chinoise, qui inclut une partie du territoire japonais et les îles Senkaku, suscite aussi la plus grande inquiétude à Tokyo.

A tout moment, dans les airs et en mer, un incident peut se produire entre avions de chasse, ou entre les navires de guerre chinois, japonais et américains qui naviguent dans ces eaux. Shinzo Abe est décidé à ne pas céder aux intimidations chinoises.


Yasukuni : le sanctuaire de la discorde

Le chef du gouvernement affirme qu’il ne veut, par ce geste, heurter ni Pékin ni Séoul, mais c'est raté : les deux pays sont furieux. Alors pourquoi cette colère, en quoi ce sanctuaire Yasukuni pose-t-il problème ?

Dans l'enceinte du sanctuaire, on trouve aussi un musée révisionniste, que nous avions visité avec un professeur d'histoire, éberlué entre autres par le traitement du massacre de la ville chinoise de Nankin par les soldats japonais en 1937...

Yasukuni, le sanctuaire de la discorde

 

 

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