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Thaïlande

En Thaïlande, les «chemises rouges» prêtes à descendre sur Bangkok

Des Chemises rouges commémorent le deuxième anniversaire , le 19 mai 2012 à Bangkok.
Des Chemises rouges commémorent le deuxième anniversaire , le 19 mai 2012 à Bangkok. REUTERS/Sukree Sukplang
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Dans les provinces de Thaïlande, où sont concentrées les « chemises rouges » - les partisans du gouvernement et de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra - se disent prêtes à se remobiliser si les élections législatives anticipées, prévues le 2 février prochain en Thaïlande, étaient remises en cause. La Commission électorale s'est dite prête à prendre des mesures exceptionnelles pour déplacer la date du scrutin, même si le gouvernement ne la suit pas.

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Avec notre correspondant dans la province de Suphanburi, Arnaud Dubus

Au début du mois, les « chemises rouges » avaient décidé de quitter la capitale, de manière à faciliter la tâche de la police et du gouvernement en diminuant le nombre de points de tension. Depuis, elles observent l'évolution de la situation depuis leurs provinces du nord, du nord-est et du centre du pays. Et elles se tiennent prêtes à remobiliser leurs forces si elles l'estiment nécessaire.

Or, l'incertitude qui prévaut sur la tenue des élections le 2 février inquiète les « chemises rouges », qui estiment que leurs droits démocratiques seraient bafoués si des élections ne suivent pas la dissolution du Parlement intervenue le 9 décembre.

Le spectre de la guerre civile

Devant la volonté apparente de la Commission électorale de reporter la date du scrutin, les leaders des « chemises rouges » se préparent donc à redescendre en force sur Bangkok. Ils réagiront de la même façon si la Commission anticorruption, qui examine actuellement un recours pour abus de pouvoir contre les députés du parti gouvernemental, provoque la chute du gouvernement.

Les leaders rouges peuvent mobiliser un nombre de manifestants probablement supérieur à celui du mouvement antigouvernemental, qui occupe actuellement les rues de la capitale. Il est clair qu'une telle évolution créerait une situation extrêmement volatile. Certains commentateurs n'hésitent plus à brandir l'épouvantail d'une guerre civile.


Les raisons de la colère des « chemises jaunes »

Un manifestant antigouvernemental, devant le domicile du Premier ministre, Yingluck Shinawatra, le 26 décembre à Bangkok.
Un manifestant antigouvernemental, devant le domicile du Premier ministre, Yingluck Shinawatra, le 26 décembre à Bangkok. REUTERS/Kerek Wongsa

Jeudi 26 décembre, Bangkok a été la proie de nouvelles violences meurtrières. Un policier a été tué par un tir d’arme à feu, alors que les manifestants antigouvernementaux tentaient d’entrer dans le stade où ont lieu les inscriptions pour les élections législatives anticipées de février prochain. Le parti démocrate, à l'origine de la contestation, a d’ores et déjà annoncé qu’il ne participerait pas au scrutin. La commission électorale a aussi conseillé au gouvernement de le repousser face au risque de violence. Mais le gouvernement ne veut pas prolonger une crise qui a dure déjà depuis deux mois.

A l'origine de la colère des manifestants antigouvernementaux, une proposition de loi d’amnistie présentée début novembre par le gouvernement de Yingluck Shinawatra. Le parti démocrate, principal moteur de l'opposition, dénonce alors immédiatement une « manœuvre » en faveur de son frère, Thaksin Shinawatra. L’ex-Premier ministre en exil, a été condamné à deux ans de prison pour des malversations financières.

→ A (RE)LIRE : Jean-Louis Margolin: en Thaïlande, «l'opposition ne veut pas lâcher la proie pour l’ombre»

La proposition de loi a finalement été rejetée par le Sénat, mais cela n’a pas calmé pas les « chemises jaunes », qui mêlent partisans du Parti démocrate, issus de la classe moyenne de Bangkok, et ultras- royalistes. Ils continuent de manifester pour mettre fin, cette fois, à ce qu'ils appellent le « système Thaksin ». Le 8 décembre, les 153 députés de l'opposition ont démissionné. Le lendemain, la cheffe du gouvernement dissout l’Assemblée nationale. Selon la Constitution, elle a jusqu’au 9 février, pour organiser des élections.

L'opposition se retrouve alors face à ses contradictions. Car le Parti démocrate ne veut pas participer, tout de suite, à des élections législatives qu'il n'a jamais remportées en vingt ans. Avant, il demande la création d'un comité populaire non-élu, qui remplacerait temporairement le pouvoir législatif.

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