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Pakistan

La poliomyélite, une endémie difficile à enrayer au Pakistan et en Afghanistan

Peshawar, Pakistan, le 18 juillet 2011. Une petite fille reçoit quelques gouttes d'un vaccin contre la polio, dans une gare routière.
Peshawar, Pakistan, le 18 juillet 2011. Une petite fille reçoit quelques gouttes d'un vaccin contre la polio, dans une gare routière. Karin Brulliard/The Washington Post via Getty Images
Texte par : Gaëlle Lussiaa-Berdou
3 mn

Comment venir à bout une fois pour toutes de la poliomyélite ? C’est la question que se poseront encore cette année les autorités mondiales de la santé. Un problème qu’elles tentent de résoudre depuis maintenant 25 ans. Dans trois pays, le Nigeria, l’Afghanistan et le Pakistan, la polio est encore aujourd’hui une maladie endémique. La situation a été particulièrement inquiétante en 2013.

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De notre correspondante à Islamabad,

Le Pakistan est le seul des trois pays avec le Nigeria, l'Afghanistan où la maladie a fait davantage de victimes en 2013 que l’année précédente. Un bien triste bilan donc. On a répertorié l’an dernier ici 83 cas de cette maladie qui peut paralyser un enfant en quelques heures et même dans certains cas causer sa mort. En 2012, il y en avait eu 58.

Dans les zones tribales

Juste à côté, en Afghanistan, il y a eu onze cas en 2013, qui selon l’Organisation mondiale de la santé sont en réalité des contaminations transfrontalières venues du Pakistan. La région la plus touchée ce sont donc les zones tribales pakistanaises, le long de la frontière afghane. Une région semi-autonome, isolée, et qui sert de base arrière aux talibans, qui y affrontent violemment les forces pakistanaises. Un terrain particulièrement difficile donc pour les vaccinateurs et c’est ce qui explique, en partie, ce mauvais bilan.

Mais surtout, les extrémistes au Pakistan, et les talibans en tête ont lancé une véritable campagne anti-vaccination qui a fait mouche. Ils disent tantôt que le vaccin est envoyé par l’Occident pour empoisonner les enfants, tantôt pour stériliser les musulmans. Et puis ils s’en prennent directement aux équipes de vaccination. On compte une trentaine de morts depuis un an et demi. Ces attaques font les manchettes presque toutes les semaines ici. Et les gens ont peur. À tel point qu’aujourd’hui certaines régions du pays ne sont plus fréquentées par les vaccinateurs. Des milliers d’enfants ne sont pas vaccinés. Enfin, on craint beaucoup de sous-estimer le nombre réel de cas de la maladie.

Campagne d'Imran Khan

Les vaccinateurs tentent de rejoindre les enfants à vacciner par de nouveaux moyens. Ils s’installent par exemple aux points de contrôle, à la sortie des régions où les talibans dominent et ils vaccinent au bord de la route.

Le mois dernier, l’ancien champion de cricket devenu politicien, Imran Khan, a lancé une campagne de vaccination devant les caméras de télévision. Il a lui-même vacciné le petit-fils d’un chef religieux proche des talibans. Un symbole fort, donc, mais aussi sans doute une tentative de redorer son blason, lui dont la popularité est en perte de vitesse. Si la tendance de cette notoriété ne s'inverse pas, cela pourrait avoir des conséquences terribles au Pakistan et au-delà.

Des cas de polio ont été retrouvés l’an dernier en Syrie pour la première fois en 14 ans. Et la souche du virus identifiée provenait justement du Pakistan.

à (ré)écouter : Campagne de vaccination contre la polio en cours en Syrie

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