Pakistan

Pakistan: les vaccinateurs anti-polio ciblés par des attentats

Un sauveteur, devant le corps sans vie d'une des membres de l'équipe de vaccination anti-pilio tuée ce mardi 22 janvier à Karachi, au Pakistan.
Un sauveteur, devant le corps sans vie d'une des membres de l'équipe de vaccination anti-pilio tuée ce mardi 22 janvier à Karachi, au Pakistan. REUTERS/Akhtar Soomro

Les campagnes de vaccination contre la polio qui ont démarré en début de semaine au Pakistan sont à nouveau la cible d'extrémistes. En deux jours, dix personnes ont été tuées dans des attaques visant des vaccinateurs ou leur escorte. Cette vague de violence intervient alors que l’OMS pointe la situation fragile du Pakistan face à la pandémie.

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Avec notre correspondant à Islamabad, Joël Bronner

Mardi 21 janvier, trois vaccinateurs ont été abattus à Karachi, la mégalopole du sud du pays, entraînant la suspension de la campagne anti-poliomyélite dans toute la région du Sind. Plus de 7 millions d’enfants devaient être vaccinés au cours de cette campagne. Le lendemain, mercredi 22 janvier, c’est cette fois une équipe de policiers escortant des infirmiers qui a été la cible d’un attentat à la bombe dans le nord-ouest du pays, à quelques kilomètres au nord de Peshawar. Sept personnes ont été tuées.

→ A (RE)LIRE : La poliomyélite, une endémie difficile à enrayer au Pakistan et en Afghanistan

Depuis un an et demi, ce sont plus d’une trentaine de vaccinateurs et de membres des forces de sécurité qui ont été tués au Pakistan, dans le cadre de ces campagnes contre la polio. Certains islamistes radicaux ou conservateurs extrémistes dénoncent ces vaccinations comme des tentatives d’espionnage voire comme un subterfuge pour stériliser la population.

Le Peshawar « plus grand réservoir mondial » de cas

Cette recrudescence de violences à l’encontre des personnels de santé intervient alors qu’il y a quelques jours, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que Peshawar est « le plus grand réservoir mondial » de cas de poliomyélite. Le Pakistan est en effet le seul pays où le nombre de cas de cette maladie a augmenté entre 2012 et 2013, passant de 58 à 91 cas.

Même les talibans pakistanais du TTP, le principal groupe rebelle du pays, ont officiellement pris leur distance avec les dernières attaques ciblant les campagnes de vaccination anti-poliomyélite. Un changement de discours qui ne devrait toutefois pas suffire à éradiquer les violences.

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