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Corée du Nord

Corée du Nord : des élections pour légitimer le pouvoir

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s’est recueilli le 16 février au Palais du Soleil de Kumsusan, à Pyongyang, devant le cercueil de Kim Jong-il à l’occasion du 72e anniversaire de sa naissance.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s’est recueilli le 16 février au Palais du Soleil de Kumsusan, à Pyongyang, devant le cercueil de Kim Jong-il à l’occasion du 72e anniversaire de sa naissance. Reuters/路透社
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les Nord-Coréens se rendent aux urnes ce dimanche : la nouvelle peut paraître surprenante puisque la Corée du Nord est considérée comme l’une des dictatures les plus autoritaires de la planète. Mais, si l’issue de ce scrutin ne fait place à aucun doute, ce processus électoral est important pour le régime de Kim Jong-un qui s’en sert pour renforcer son pouvoir et contrôler encore plus étroitement sa population.

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Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

Les Nord-Coréens vont désigner les 687 députés de leur assemblée populaire suprême qui est - en théorie - le principal organe législatif, mais dont le rôle est en réalité purement symbolique. C’est Kim Jong-un, 31 ans, qui détient le pouvoir absolu après avoir succédé à son père il y a deux ans.Il se présente dans la circonscription de Baekdusan, une montagne mythique au fort pouvoir symbolique. Il ne prend pas un grand risque : il n’y a pour chaque siège qu’un seul candidat, désigné par le Parti des travailleurs. Même s’il existe officiellement trois autres petits partis marionnettes qui sont là pour donner l’apparence d’une pluralité politique.

Une élection pour la forme

Chaque électeur reçoit un bulletin de vote avec un seul nom. S’il décide de rayer ce nom, il doit se rendre dans un isoloir spécial. Et en réalité personne ne s’y risque. Un récent rapport d’enquête de l’ONU a détaillé l’oppression terrible subie par tous ceux suspectés de déloyauté envers le régime. Certains sont victimes de tortures et d’atrocités comparables, selon le rapport, à celles commises par les nazis. Aucun suspense donc pour le résultat du scrutin : chaque candidat recevra 100% des suffrages.

le leader nord-coréen Kim Jong-un visite une usine, le 3 mars (image transmise par l'agence nord-coréenne KCNA).
le leader nord-coréen Kim Jong-un visite une usine, le 3 mars (image transmise par l'agence nord-coréenne KCNA). REUTERS/KCNA

Contrôle social

Ces élections servent surtout d’outil de contrôle social. Le vote est obligatoire, et les élections permet ainsi de recenser la population. Selon les témoignages de réfugiés nord-coréens à Séoul, ceux qui ont fui leur pays pour trouver une vie meilleure en Chine ou ailleurs et qui ne viennent pas voter sont alors considérés par le régime comme des fuyards, c'est-à-dire comme des traîtres. Leur famille restée au Nord risque de graves punitions. C’est pourquoi de nombreux Nord-Coréens partis en Chine reviennent, au péril de leur vie, juste pour voter.

Glorification de Kim Jong-un et de son système

Ces élections sont aussi une démonstration de force pour le dirigeant Kim Jong-un.
Elles sont une fête à la gloire du régime : des danses sont organisées dans les rues à cette occasion, ainsi que des rassemblements patriotiques. Le scrutin sert de support à des opérations de propagande, qui affirment que l’intégralité de la population soutient son dirigeant suprême. « Les Nord-Coréens vont montrer une fois de plus la puissance de leur unité monolithique en votant pour leurs candidats », a ainsi écrit l’agence de presse officielle. L’élection va aussi permettre à Kim Jong-un d’offrir des promotions à ses loyalistes. Après avoir fait exécuter son propre oncle l’année dernière et mené une série de purges, le dirigeant nord-coréen a besoin de renforcer son pouvoir.

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