Transports aériens

Disparition du vol de la Malaysia Airlines: toujours aucune trace

A bord d'un avion de l'armée de l'air vietnamienne participant aux recherches du vol MH370 de Malaysia Airlines.
A bord d'un avion de l'armée de l'air vietnamienne participant aux recherches du vol MH370 de Malaysia Airlines. REUTERS/Kham

Toujours aucune piste sérieuse pour expliquer la disparition de l’avion de la compagnie Malaysia Airlines, dans la nuit de vendredi à samedi alors qu’il effectuait la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin. Des bateaux et avions de reconnaissance cherchent des traces d’éventuels débris en mer. 

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Avec notre envoyée spéciale à Kuala Lumpur,Carrie Nooten

Alors que la nuit va une nouvelle fois retomber sur la mer de Chine du Sud, on apprend ce lundi que les traces d’hydrocarbures retrouvées hier et analysées ne proviennent pas du MH370. Les tests révèlent qu’elles appartiendraient à un navire.

Depuis le début des opérations de recherche, nombreuses sont les désinformations, ces fausses nouvelles qui tombent au compte-gouttes, font le buzz, et qui s’infirment les unes après les autres. Comme cet « objet jaune flottant » qui a fait croire l’espace d’un instant qu’on aurait pu avoir repéré un radeau de secours du MH370, mais il s’est finalement avéré être une bobine de câble lorsque les secours l’ont repêché. Déjà ce matin, les Vietnamiens qui pensaient avoir localisé du ciel ce qui aurait pu être une porte de l’appareil, avaient avoué ne plus la retrouver.

Carte de la zone où a disparu le vol de la Malaysia Airlines.
Carte de la zone où a disparu le vol de la Malaysia Airlines. FMM

Le directeur de l’aviation civile de Malaisie, qui coordonne les opérations de recherche, a répété qu’il fallait rester extrêmement prudent, mais bien sûr qu’aucune piste n’était négligée, que chaque objet flottant dans la zone était identifié. « Il y a plusieurs rapports de débris qui sont repérés. Hier, deux avions ont repéré ce qu'ils pensaient être la queue de l'avion. Mais quand on a envoyé nos navires sur la zone, c'était en fait un amas qui ressemble à un ponton » a-t-il reconnu. Ce lundi matin, le point presse, à Kuala Lumpur, était très émouvant : au bout de 60 heures de recherches, les autorités reconnaissaient leurs limites, leur impuissance et se disaient très perplexes. Aucun indice malgré l’incroyable opération de recherche mise en place.

Car tous les éléments susceptibles d'être recueillis sont essentiels aux enquêteurs pour comprendre ce qui s’est passé, identifier l’origine de la catastrophe supposée. En marge des recherches bien sûr, l’enquête sur les passagers continue. Des vidéos de l’aéroport sont scrutées pour ne rien laisser au hasard. Les problèmes posés sont ces deux passagers voyageant grâce à des passeports volés. On vérifie également les cinq passagers qui ont manqué l’avion. Les enquêteurs savent maintenant qu’ils vont devoir multiplier les pistes de travail et que leurs investigations seront sans doute très longues.


Une impressionnante opération de recherche

Plus de 34 avions et 40 bateaux d’une dizaine de pays participent à la recherche de l’avion disparu depuis samedi (notamment Chine, Etats-Unis, Vietnam, Malaisie, Philippines, Singapour). Mais les proches des disparus, notamment Chinois, n'en peuvent plus de cette interminable attente.

Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

C’est la plus importante mission de secours maritime jamais conduite en mer par la Chine, rapportent les médias d’Etat. Huit bateaux de la marine sont en route ou déjà sur place dans les eaux entre le Vietnam et la Malaisie, dans la zone où le Boeing 777 a été localisé pour la dernière fois. Parmi les navires lancés sur les traces de l’avion mystérieusement disparu : le Kunlunshan avec 50 marins à bord, équipé de deux hélicoptères, de personnel médical et d’importants moyens de secours.

Le Haikou, lui, doit arriver sur place tôt mardi matin. Il s’agit d’un navire anti-missile capable de repérer des sous-marins. Par ailleurs, quatre ministères ont envoyé une équipe spéciale de 13 personnes pour coordonner les recherches et venir en aide aux familles chinoises qui doivent quitter Pékin cette nuit pour Kuala Lumpur. La compagnie aérienne Malaysia Airlines a établi une procédure express pour permettre aux proches de suivre sur place, en Malaisie, les recherches de l’avion disparu.

Une centaine de proches ont signé une pétition exhortant le ministre chinois des Affaires étrangères à les aider à faire pression sur la Malaisie pour enfin connaître la vérité. « Le gouvernement devrait nous soutenir pour obtenir une réponse de la Malaisie », disait ce lundi matin une femme en colère en quête de son fils. Elle attend depuis samedi matin dans l’hôtel Lido, avec près de 200 autres proches des passagers. Le directeur commercial de Malaysia Airlines est venu leur dire qu’il faut se préparer au pire car plus de 40 heures après la disparition du Boeing 777 il ne reste quasiment plus aucun espoir.

Une lueur d’espoir pendant un bref moment dimanche

Un homme a tenté de joindre son frère qui se trouvait dans l’avion sur son téléphone portable. Le téléphone a sonné par deux fois quelques secondes dans le vide avant de rester silencieux. Mais la compagnie se dit incapable de localiser l’avion grâce à des signaux émis par un téléphone.

Dans les médias officiels, les critiques fusent ce lundi matin : « S’il s’agit d’un problème technique ou d’une erreur du pilote, Malaysia Airlines devrait se déclarer responsable, écrit le Global Times, proche du Parti communiste, s’il s’agit d’un attentat, les mesures de sécurité à l’aéroport de Kuala Lumpur sont douteuses ».

Le gouvernement chinois doit envoyer ce lundi en Malaisie une équipe spéciale du ministère des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Transports pour enquêter sur la disparition de l'avion et apporter son soutien aux membres des familles restés en Malaisie.

Les autorités malaysiennes mais aussi le FBI américain et Interpol sont à la recherche de l'appareil qui semble s'être évaporé, mais surtout à la recherche de pistes tangibles pour comprendre la disparition. Interpol se concentre notamment sur la piste d'un possible trafic de passeports.

Une enquête pour terrorisme a été ouverte. Ce sont deux passagers voyageant avec deux passeports volés qui ont éveillé les soupçons, ce qu'Interpol a confirmé. Un Autrichien, Christian Kozel et un Italien, Luigi Maraldi, apparaissent donc sur la liste des passagers, mais n'étaient pas à bord de l'appareil. Interpol est en contact avec les bureaux d'enquête des différents pays concernés pour découvrir la véritable identité des deux hommes. D'après le ministre de l'Intérieur malaisien, ils seraient de type asiatique. Interpol vérifie donc tous les passeports des passagers à la recherche d’autres irrégularités.

L'organisation policière internationale a une base de données appelée « Documents de voyage volés et perdus ». Elle sert notamment à empêcher des passeports volés de circuler et compte 800 millions de recherches annuelles. Mais dans le cas du vol Malaysia Airlines 370, cette base n'a pas été utilisée. Interpol ne décolère pas, d'après Ronald Noble, secrétaire général de l'organisation policière internationale :« Pour le bien de tous les passagers innocents qui subissent des mesures de sécurité envahissantes, les gouvernements et compagnies aériennes doivent tirer une leçon de cette tragédie et commencer à vérifier tous les passeports des passagers ».

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