Chine / Malaisie

Vol MH370: en Chine, les critiques fusent contre les Malaisiens

Familles des passagers du vol MH370, à Pékin, ce 16 mars 2014.
Familles des passagers du vol MH370, à Pékin, ce 16 mars 2014. REUTERS/Jason Lee

En Chine, les critiquent fusent contre l’enquête menée par le gouvernement malaisien depuis la disparition du vol MH370. Les autorités, aussi bien que les internautes sur les réseaux sociaux, jugent « trop tardives » les annonces de Kuala Lumpur sur le détournement délibéré du Boing 777, après des jours d’attente « atroces » pour les familles des 153 passagers chinois à bord de l’avion.

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Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

« La Malaisie est un pays menteur », s’exclame l’internaute Coldhoney sur son compte Weibo, « on ne lui fait plus confiance », poursuit-il. « Un seul mot peut qualifier l’attitude du gouvernement malaisien : "Imposture" », lance un autre internaute.

« Tous les jours, les dirigeants disent n’importent quoi », écrit Minjun, convaincu qu’avec une technologie aussi sophistiquée, un avion ne peut pas disparaître totalement et pendant si longtemps.

Pression des Chinois mécontents

Sous la pression des Chinois mécontents des recherches infructueuses, les autorités haussent le ton vis-à-vis de la Malaisie. Dans un éditorial cinglant, l’agence officielle Chine Nouvelle estime la réponse tardive de Kuala Lumpur « intolérable » : « Des efforts massifs ont été gaspillés en concentrant les recherches dans une zone où l’avion ne se trouvait pas », écrit Chine Nouvelle, qui continue : « Ce délai s’explique soit par un manquement au devoir ou alors une réticence à partager des informations en temps et en heure, ce qui serait inacceptable ».

Les Etats-Unis ciblés eux aussi

Les Etats-Unis, impliqués dans les recherches, sont eux aussi la cible des critiques chinoises : « La superpuissance des renseignements aurait du faire un meilleur boulot », écrit encore l’agence officielle Chine Nouvelle.


Pour les enquêteurs du BEA, il faut déjà se faire «une idée précise de l'endroit où l'avion est tombé»

Le Français Jean-Paul Troadec, l’ancien président du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) dépêché en Malaisie, va aider à décrypter les nouvelles données recueillies. Pour lui, la grande différence avec le vol AF 447, c’est que dans le cas du Rio-Paris, on connaissaît sa dernière localisation probable, alors que pour le MH370, c’est toujours le grand mystère. Ce sera là toute la difficulté, explique-t-il à notre correspondante en Malaisie, Carrie Nooten : « L’avion, certes, n’émettait pas sa position avec le transpondeur, puisqu’il avait été coupé, mais l’appareil a pu être suivi par des radars militaires dans la mesure où il était au-dessus des terres. L’indication de position des radars militaires – si au moins il y a traces de radars militaires – elle, sera assez précise. »

« Par contre, continue M. Troadec, l’indication de position par le biais des satellites, d’après ce que j’ai pu comprendre, est quelque chose de très imprécis. Mais tant qu’on n’a pas une idée un peu plus précise de l’endroit où l’avion a pu tomber, s’il est tombé en mer, ça n’a pas beaucoup de sens de commencer les recherches sous-marines ».

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