Birmanie

La Birmanie compte sa population

Sur un marché de Rangoon.
Sur un marché de Rangoon. AFP

Ce dimanche 30 mars, plus de 120 000 fonctionnaires commencent une grande opération de recensement en Birmanie. Le dernier décompte national datait de 1983 dans ce pays qui sort d’un demi-siècle de dictature militaire. Signe de changement politique, la Birmanie comptabilise ses habitants pour mieux adapter ses politiques sociales. Mais ce recensement fait débat dans le pays et a ravivé des tensions ethniques et religieuses.

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Pendant 12 jours, les recenseurs sillonneront le pays, des montagnes du nord à la région tropicale du Sud. Ces agents, pour la plupart des instituteurs, auront la lourde tâche d'interroger tous habitants du pays. Pour préparer la population, de grandes affiches sont placardées dans les rues. On y voit le président réformateur Thein Sein le visage rassurant.

Car l'enjeu du recensement est de taille : il s'agit d'adapter les politiques de santé et d'éducation à une population multiethnique. Le projet national a déjà suscité des manifestations dans l'Arakan à l'ouest du pays, une région secouée depuis deux ans par des tensions entre la majorité bouddhiste et la minorité musulmane rohingya.

Pendant des semaines, les extrémistes bouddhistes ont manifesté contre le recensement. Ils menaçaient même de boycotter l’opération, nous rapporte notre correspondant à Rangoon, Rémy Favre. Ces extrémistes ne voulaient pas que les musulmans puissent déclarer librement leur origine ethnique sur les formulaires du recensement, craignant qu’ils ne s’inscrivent en tant que citoyens de Birmanie, pour ensuite revendiquer des droits.

Ailleurs dans le pays, les minorités ethniques ont fait preuve de beaucoup de défiance vis-à-vis du projet. Elles craignent que le gouvernement ne publie pas les chiffres exacts du recensement afin de minimiser le poids des minorités dans la société birmane. Les Kachins, au nord du pays, ont dit par exemple qu’ils ne participeraient pas au processus sur le territoire qu’ils contrôlent. Le gouvernement birman, lui est optimiste. Il prévoit la publication des premiers résultats avant les législatives de 2015.

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