Taiwan

Taiwan: troisième semaine d'occupation du Parlement

Plus de 100 000 manifestants sont descendus dimanche 30 avril dans les rues de Taipei. De nombreux manifestants étaient vêtus de noir et brandissaient des fleurs de tournesol, symbole d'espoir.
Plus de 100 000 manifestants sont descendus dimanche 30 avril dans les rues de Taipei. De nombreux manifestants étaient vêtus de noir et brandissaient des fleurs de tournesol, symbole d'espoir. REUTERS/Toby Chang

C'est un mouvement de contestation historique à Taïwan. Le Parlement entre ce mercredi 2 avril dans sa troisième semaine d’occupation. Des centaines de personnes y sont retranchées depuis le 18 mars. Des milliers d’autres passent jour et nuit à l’extérieur. Ils reprochent au parti au pouvoir de tenter de passer en force un accord commercial avec la Chine. Un texte qui, selon eux, pourrait menacer l’indépendance de l’île. Reportage parmi les étudiants.

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Avec notre correspondant à Taipei, Clément Robin

C’est un village étudiant à ciel ouvert. Des jeunes débattent assis en cercle au milieu de la rue, pendant que d’autres se reposent dans leur duvet. Charyl a les traits tirés. Elle dort devant la porte du Parlement depuis le début du mouvement : « Les organisateurs nous fournissent des couvertures et des matelas pour dormir le mieux possible, ils nous amènent aussi des repas, et j’arrive à me laver tous les trois ou quatre jours ! »

Tout cela est organisé par les syndicats étudiants et soutenu financièrement par le principal parti d’opposition. Mais pour Jason, les manifestants n’ont pas d’étiquette politique. Ils sont là pour dénoncer le manque de transparence du gouvernement.
« Je suis ici pour une raison. Si le contrat avec la Chine est bon pour notre pays, pourquoi y a-t-il des points si sensibles, s’interroge Jason. ll y a beaucoup de choses que le gouvernement a voulu nous cacher. »

Et pour cause, il touche un point clé de l’économie taiwanaise, le secteur des services, qui pèse plus des deux tiers du PIB de l’île. S’il est ouvert aux entreprises chinoises, beaucoup de Taiwanais ont peur d’être économiquement envahis par le géant communiste.

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Daniel est un étudiant hongkongais. Pour lui, Taiwan n’a aucun intérêt à devenir une région autonome de la Chine, comme Hong Kong ou Macao : « Chez moi, la plupart des médias ont de nouveaux patrons, des hommes d’affaires qui les utilisent comme des outils pour attirer les intérêts chinois. Des rédactions entières ont été changées. Récemment, un journaliste a même été agressé en pleine rue ! »

Pour l’instant, les Taiwanais gardent leur liberté d’expression. Et les manifestants comptent bien le crier haut et fort, jusqu’à ce que le parti au pouvoir leur donne raison. 

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