Afghanistan

Une journaliste d'Associated Press tuée en Afghanistan

La photographe Anja Niedringhaus a couvert les guerres du monde entier pour AP.
La photographe Anja Niedringhaus a couvert les guerres du monde entier pour AP. REUTERS/STAFF

Les Afghans sont appelés aux urnes ce samedi 5 avril. Ils vont devoir choisir leur prochain président pour les cinq ans à venir. Huit candidats sont en lice. Mais la campagne a surtout été marquée par de nombreuses attaques. Dernière en date ce vendredi matin : deux journalistes ont été prises pour cibles à Khost, dans l'est du pays. L'une d'elle a été tuée, l'autre a été grièvement blessée. L'agence américaine Associated Press, dont dépendent les deux journalistes, a confirmé les faits.

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L'attaque s'est produite dans le district de Tani, située dans la province de Khost, une zone frontalière avec le Pakistan. Les deux femmes se trouvaient dans leur véhicule, stationné dans l'enceinte du siège de la police locale. Selon l'agence AP et les autorités afghanes, c'est un policier qui a ouvert le feu, les visant délibérément. La photographe allemande Anja Niedringhaus est morte sur le coup.

Depuis le début de l'année, les incidents visant les journalistes, afghans ou étrangers, se sont multipliés à l'approche des élections. Le mois dernier, c'est un reporter suédois qui avait été abattu en pleine rue à Kaboul. Pour les talibans, les journalistes sont considérés comme des cibles en tant que telles et les insurgés se sont donnés comme objectif de perturber par tous les moyens le déroulement du scrutin, qui doit avoir lieu ce samedi 5 avril.

La journaliste décédée, Anja Niedringhaus, était âgée de 48 ans. C'était une photographe chevronnée, habituée à couvrir les terrains les plus dangereux. Dès le début de son parcours professionnel, elle assure la couverture de la chute du Mur de Berlin puis la couverture des conflits en ex-Yougoslavie. Anja Niedringhaus rejoint Associated Press en 2002 et se rend en reportage à travers le Moyen-Orient ainsi qu'en Afghanistan et au Pakistan. Elle avait remporté le prix Pulitzer en 2005 avec d'autres photographes de l'agence AP pour leur couverture de la guerre en Irak.

Du point de vue de la sécurité des journalistes, ça se dégrade... Dans le rapport que nous avons publié, nous montrons que les journalistes afghans mettent un point d'honneur à couvrir de la meilleure manière possible ces élections et parlent non seulement de devoirs de journalistes mais aussi de devoirs civiques. La communauté internationale leur rappelle aussi que la bonne couverture de ces élections constitue un enjeu majeur. Mais face à tous ces discours, ils ne doivent pas oublier que leur propre sécurité reste prioritaire et que les journalistes ne sauraient se sacrifier pour couvrir ces élections.

Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie pour RSF

 

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