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Corée du Nord

Effondrement meurtrier d’un immeuble en Corée du Nord

Le leader nord-coréen Kim Jong-un visite un immeuble en construction à Pyongyang.
Le leader nord-coréen Kim Jong-un visite un immeuble en construction à Pyongyang. REUTERS/KCNA

Un immeuble en construction de 23 étages s’est effondré la semaine dernière à Pyongyang, la capitale nord-coréenne. Selon les autorités de Corée du Sud, 92 familles résidaient dans le bâtiment et il pourrait y avoir des centaines de victimes. Le régime a reconnu l’accident et a même présenté des excuses, 5 jours après le drame.

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Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

Cet effondrement était impossible à cacher. Il n’a pas eu lieu dans une province reculée, mais en plein centre de Pyongyang, la capitale, dans un quartier considéré comme « chic ». Les bâtiments de plus de 20 étages sont en général réservés à des familles jugées « importantes » par le régime, comme des cadres du Parti, des professeurs, des responsables d’entreprise.

Un Nord-Coréen réfugié au Sud, a déclaré à l’agence Reuters : « ce sont des gens que l’Etat ne peut pas ignorer, le régime ne peut pas faire comme si de rien n’était. Les Nord-Coréens ont à présent des téléphones portables et ils bavardent. Une opinion publique en colère est comme un boomerang, et le régime veut empêcher cela. »

→ A (RE) LIRE: Corée du Nord: la révolution des téléphones portables

Un accident qui soulève des questions

Depuis quelques années, Pyongyang connaît un véritable boom immobilier : le régime a décidé de rénover sa capitale. Il a fait bâtir à toute allure des appartements, des centres de loisirs, il a aussi fait construire une station de ski.

Le problème est qu’il ne dispose pas de matériel de construction de qualité – il manque par exemple d’acier. Il a aussi recours à une main d’œuvre amateur pour aller plus vite : ce sont des étudiants, des militaires, des fonctionnaires, qui sont réquisitionnés sur les chantiers. Il y a trois ans, un reportage a été tourné en caméra cachée sur l’un de ces chantiers à Pyongyang. On y voyait un bâtiment avec des fenêtres tordues et de tailles différentes. Selon un officiel sud-coréen, des accidents comme celui de la semaine dernière « arrivent tout le temps ».

Un changement de ton du régime ?

La propagande assure aux Nord-Coréens que leurs dirigeants sont des génies et qu’ils vivent dans le meilleur des systèmes politiques possibles. Pour justifier les graves problèmes économiques et alimentaires du pays, elle avait pour habitude d’accuser des facteurs extérieurs : les sanctions internationales, des catastrophes naturelles, des saboteurs étrangers…

Mais la situation est en train de changer. En 2009, une réforme monétaire ratée avait provoqué la colère de la population, et des responsables avaient été exécutés. En 2012, l’échec d’un tir de fusée avait officiellement été reconnu. La propagande montre à présent le dirigeant Kim Jong-un en train de houspiller des subalternes accusés de ne pas travailler suffisamment pour le bien du peuple. Kim Jong-un veut se donner l’image d’un dirigeant responsable et attentif. Après l’annonce de l’effondrement, les médias officiels ont affirmé que « de douleur, il n’a pas dormi de la nuit ».

Même si la Corée du Nord est une dictature, ces récentes excuses montrent qu’elle ne peut pas complètement négliger son opinion publique – ou du moins celle des habitants privilégiés de Pyongyang…
 

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