Cambodge

Cambodge: 9 personnalités de l’opposition inculpées pour insurrection

Des centaines de sympathisants se sont rassemblés, ce mercredi 16 juin au matin, près du tribunal  barricadé. Phnom Penh, le 16 juillet 2014.
Des centaines de sympathisants se sont rassemblés, ce mercredi 16 juin au matin, près du tribunal barricadé. Phnom Penh, le 16 juillet 2014. REUTERS/Samrang Pring
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Au Cambodge, neuf personnalités de l’opposition ont été inculpées pour insurrection, mercredi 16 juillet, par la justice de Phnom Penh. Une décision prise au lendemain de violents affrontements entre ces militants et les forces de l’ordre dans la capitale. Depuis bientôt un an, les opposants au gouvernement boycottent l’Assemblée nationale. Ils contestent les résultats des élections législatives et échouent à trouver un terrain d'entente avec le parti au pouvoir.

Publicité

Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gee

Lors d’une manifestation menée par des députés de l’opposition, le rapport de forces s’est inversé. Ce sont les militants qui ont frappé avec sauvagerie une dizaine de gardes de sécurité, employés par les autorités pour disperser avec brutalité tout rassemblement. Les gendarmes sur place ont laissé faire. En réponse, les autorités ont arrêté 5 députés et un membre de l’opposition, et 3 autres devraient l’être prochainement. Ils sont inculpés d’insurrection et d’incitation à la violence, encourant jusqu’à trente ans de prison.

Une décision qui a créé le choc dans la foule de sympathisants massés près du tribunal, comme le résume cette jeune femme : « On s’attendait à leur libération immédiate, mais ils ont été envoyés en prison. Cette injustice va rendre le peuple encore plus en colère. C’est une grande injustice, non seulement pour eux, mais aussi pour nous tous. Ces personnes n’ont commis aucune faute. Ces derniers mois, des militaires ont tué des manifestants et personne n’a été arrêté. Alors pourquoi, eux, sont-ils inculpés alors qu’ils sont innocents ? »

En l’absence du chef de l’opposition, à l’étranger, le vice-président Kem Sokha a dénoncé une provocation du parti au pouvoir, qui montre, selon lui, sa volonté de faire traîner la situation. Le gouvernement dénonce, lui, des violences « préméditées » par l’opposition pour créer le chaos. A la veille du premier anniversaire des élections, il veut frapper fort.

A (RE) LIRE : Cambodge: le gouvernement reprend la main sur l'opposition 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail