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Corée du Sud

La Chine dans la ligne de mire de l’appel au dialogue du Pape

Dans son message aux quelque 70 évêques venus de 35 pays asiatiques le pape François a lancé un appel aux pays qui n'ont pas de contact avec le Saint-Siège, le 16 août 2014.
Dans son message aux quelque 70 évêques venus de 35 pays asiatiques le pape François a lancé un appel aux pays qui n'ont pas de contact avec le Saint-Siège, le 16 août 2014. REUTERS/Ed Jones
Texte par : RFI Suivre
12 mn

Des millions de fidèles, venant de nombreux pays asiatiques, se sont déplacés pour participer aux messes célébrées par le pape François y compris ce dimanche où il clôt les Journées asiatiques de la jeunesse à Haemi. Le pape François a beaucoup parlé de dialogue lors de sa rencontre avec les évêques du continent et a fait une référence très claire aux relations entre diplomatiques toujours inexistantes entre la Chine et le Saint-Siège.

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C’est à quelques centaines de kilomètres à peine des côtes chinoises que le pape François a lancé une invitation pressante à Pékin et aux autres pays asiatiques qui n’entretiennent pas encore de relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Le pape se tenait devant quelque 70 évêques de 35 pays du continent asiatique devant qui il a « fermement » espéré que ces pays « n’hésiteront pas à promouvoir un dialogue - a-t-il dit - au bénéfice de tous », rapporte notre envoyé spécial à Haemi, Antoine-Marie Izoard.

« Je ne parle pas ici seulement de dialogue politique, mais de dialogue fraternel », a précisé le pape en quittant des yeux le texte préparé pour l’occasion et de prononcer des paroles volontairement rassurantes en se mettant dans la peau des pays concernés. « Ces chrétiens ne viennent pas comme des conquérants, ils ne viennent pas nous enlever notre identité, ils nous amènent la leur mais ils veulent marcher avec nous » a ajouté le pape.

Prudent comme un sioux, le pape François n’a nommé aucun pays de la région, mais tous les regards se tourne vers la République populaire de Chine, plus grand pays au monde n’ayant pas de relations diplomatiques avec Rome. Mais le Vatican voit plus loin : la Corée du Nord, le Bhoutan, la Birmanie, le Sultanat de Brunei ou encore le Laos qui n’entretiennent pas de relations avec Saint-Siège, ou alors des relations encore partielles.

Le silence de la presse chinoise

En Chine, les médias, sous contrôle du Parti communiste, passent la visite du souverain pontife sous silence ou presque, rappporte notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt. La CCTV, la télévision d’Etat, a quand même consacré 55 secondes aux salutations du pape François au peuple chinois, envoyées lorsqu’il a survolé la Chine - un télégramme qui a d’ailleurs failli ne jamais arriver, suite à une panne technique.

De toute façon, le message papal n’a pas soulevé l’enthousiasme à Pékin : dans un bref communiqué, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que les efforts de la Chine pour améliorer les relations avec le Vatican ont toujours été sincères.

Depuis 1951, les deux Etats n’entretiennent plus de relations diplomatiques. Les communistes ont créé leur propre communauté catholique - qui rejette l’autorité du Vatican. Pékin réclame même le droit de nommer des évêques - pomme de discorde récurrente avec le Saint-Siège. La volonté de la Chine de créer sa propre théologie chrétienne compatible avec le socialisme n’apaisera pas les tensions entre communistes et catholiques. Les autorités – méfiantes de tout contre-pouvoir – ont d’ailleurs empêché une cinquantaine de croyants d’aller en Corée du Sud pour voir le pape.

→ à (re)lire : Vers une doctrine du christianisme à la chinoise ?

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