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Pakistan

La très calme «révolution» pakistanaise en marche à Islamabad

Des partisans de Tahir ul-Qadri, le samedi 16 août à l'arrivée de la marche de l'opposition pakistanaise à Islamabad.
Des partisans de Tahir ul-Qadri, le samedi 16 août à l'arrivée de la marche de l'opposition pakistanaise à Islamabad. REUTERS/Akhtar Soomro
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les partisans des opposants pakistanais Imran Khan et Tahir ul-Qadri ont défilé samedi à Islamabad pour exiger la démission du gouvernement confronté à sa première grande vague de contestation. Les opposants espéraient un million de manifestants pour ce rassemblement, mais ce sont plutôt des dizaines de milliers de protestataires qui étaient réunis dans le centre de la capitale pakistanaise.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Morgane Pellennec

Partis jeudi de Lahore, le chef religieux Tahir ul-Qadri et le politicien Imran Khan, les deux chefs de file d’un vaste mouvement d’opposition au gouvernement pakistanais, sont arrivés hier à Islamabad après une marche de près de 300 kilomètres, avec plus d'une journée de retard. Ils espéraient réunir un million de personnes et promettaient une « révolution », mais la « Marche de la Liberté » n’a pas vraiment rallié les foules. Samedi soir, seulement quelques dizaines de milliers de partisans et fidèles s’étaient réunis sous la pluie pour écouter les discours de leurs favoris. Le mouvement est pour l’instant cantonné dans une partie de la capitale située loin des institutions.

Sit-in jusqu'à la démission de Nawaz Sharif

Les deux leaders ont pourtant promis de rester dans la capitale jusqu’à la démission du Premier ministre Nawaz Sharif. « Le Premier ministre et le ministre en chef du Pendjab doivent immédiatement démissionner et être envoyés en prison », a proclamé Tahir ul-Qadri. « Les participants à la marche de la Révolution ne partiront pas d'ici avant la démission de Nawaz Sharif et Shahbaz Sharif, la dissolution du gouvernement et leur arrestation subséquente » a-t-il ajouté. Imran Khan a lui prédit un « tsunami » qui pourrait emporter le Parlement. Evoquant la ferveur de ses partisans, il n’a pas hésité à se faire menaçant : « Je (les) freine maintenant, mais je pourrais ne plus pouvoir le faire sous peu ». Il affirme également que les élections de 2013 ont été entachées de fraudes. A l’époque, les observateurs internationaux avaient pourtant salué la première transition démocratique du pays.

Imran Khan et Tahir ul-Qadri : une alliance de circonstance

Imran Khan, leader du PTI pakistanais, le 14 août à Lahore, avant l'arrivée de la marche de l'opposition à Islamabad.
Imran Khan, leader du PTI pakistanais, le 14 août à Lahore, avant l'arrivée de la marche de l'opposition à Islamabad. REUTERS/Mani Rana

Les deux hommes qui portent ce mouvement de contestation et ont décidé de faire cause commune pour réclamer des élections anticipées n’ont pas vraiment le même positionnement politique.

D’un côté, il y a Imran Khan, 61 ans, ancienne star du criquet reconvertie dans la politique. Depuis l’année dernière, il est devenu député et son parti, le Mouvement pour la justice, est devenu la troisième force politique du pays. De l’autre, il y a un Pakistano-Canadien : Tahir ul-Qadri, docteur en droit musulman, qui a longtemps vécu à Toronto, mais garde une certaine influence politique grâce au Mouvement du peuple pakistanais qu’il a créé. Ce parti, qui a boycotté les élections de 2013 en dénonçant les risques de fraude, n’a aucun siège au Parlement.

En apparence, le style des deux hommes diffère. Physique de playboy pour Imran Khan ; allure plus traditionnelle pour Tahir ul-Qadri, avec ses petites lunettes dorées. Les deux hommes partagent pourtant une même conviction : le Pakistan doit être réformé par l’éducation de sa population. Ils partagent également une certaine habileté à brouiller leurs lignes politiques, qui vacillent entre islam modéré et penchants plus radicaux. Dernier point commun : leurs détracteurs les accusent de vouloir faire dérayer le gouvernement actuel, au risque de préparer le terrain pour un retour de l’armée au pouvoir.

L'opposant pakistanais Tahir ul-Qadri, lors d'un discours à Islamabad le samedi 16 août.
L'opposant pakistanais Tahir ul-Qadri, lors d'un discours à Islamabad le samedi 16 août. REUTERS/Akhtar Soomro

 

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