Corée du Nord

Le wifi des ambassades inquiète le régime de Pyongyang

Poster dans une école de Pyongyang vantant l'accès aux nouvelles technologies pour les écoliers.
Poster dans une école de Pyongyang vantant l'accès aux nouvelles technologies pour les écoliers. (Photo by Eric LAFFORGUE/Gamma-Rapho via Getty Images)

La Corée du Nord veut interdire le wifi, l’internet sans fil, dans les ambassades étrangères de sa capitale, Pyongyang. Le régime de Kim Jong-un tente par tous les moyens de couper sa population de toute information venant du monde extérieur. La Corée du Nord est l’un des rares pays où Internet est interdit. Or, certains Nord-Coréens avaient trouvé une parade : ils utilisaient les réseaux wifi des ambassades étrangères.

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De notre correspondant à Séoul,

La semaine dernière, le régime a annoncé aux ambassades et aux organisations internationales qui résident à Pyongyang que tout réseau internet sans fil était désormais interdit. On a même vu des représentants du gouvernement se promener dans le quartier diplomatique, téléphone à la main, pour détecter les wifi contrevenants. Amende prévue : 9 000 euros ! L’excuse invoquée par le régime, c’est que ces réseaux auraient un « effet sur les zones environnantes ». Mais vendredi, une concession a été trouvée, les ambassades peuvent garder leur wifi à condition qu’il soit protégé par un mot de passe, et surtout que leurs ondes ne sortent pas du quartier diplomatique. Il faut savoir que les étrangers à Pyongyang sont les seuls à avoir droit à Internet, via des réseaux satellites installés par des entreprises chinoises.

Un réseau intranet ultra-contrôlé

Le mois dernier, une association d’exilés nord-coréens à Séoul a affirmé que le prix des appartements de Pyongyang situés tout près des ambassades avait bondi parce que leurs résidents en profitaient pour accéder à leurs réseaux wifi. Ce qui est quelque chose d’extraordinaire pour un Nord-Coréen qui a pour seules sources d’informations la presse officielle, un réseau intranet ultra-contrôlé, et les DVD sud-coréens échangés sous le manteau. Cette association d’exilés donnait aussi l’exemple d’étudiants nord-coréens que l’on voyait, nombreux, se balader autour d’une ambassade du Moyen-Orient qui était doté d’un réseau wifi particulièrement puissant.

Le wifi, c’est fini

Seuls les cercles dirigeants du régime ont accès au web ; les étudiants peuvent eux se connecter dans les universités à un réseau intranet qui est très contrôlé. Cependant, les étrangers en visite au Nord peuvent louer des téléphones 3G qui eux accèdent librement au réseau mondial... et certains Nord-Coréens avaient trouvé un moyen de récupérer ces cartes 3G après leur départ. Ce qui explique pourquoi le régime a récemment obligé Koryolink, l’entreprise qui les commercialise, à désactiver les cartes SIM de ces téléphones dès que le touriste a repris son avion. Le régime cherche ainsi par tous les moyens à maintenir le couvercle fermé pour empêcher sa population de savoir ce qui se passe à l’extérieur. Mais il ne cesse de se faire rattraper par la technologie.

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