Hong Kong

Hong Kong: arrestations durant la manifestation étudiante

Les étudiants ont occupé Civic Square, situé juste devant le Conseil législatif, à Hong Kong, dans la nuit de vendredi à samedi. Malgré les assauts de la police, ils sont déterminés à obtenir une vraie démocratie.
Les étudiants ont occupé Civic Square, situé juste devant le Conseil législatif, à Hong Kong, dans la nuit de vendredi à samedi. Malgré les assauts de la police, ils sont déterminés à obtenir une vraie démocratie. REUTERS/Tyrone Siu

À Hong Kong, la grève des étudiants qui devait se terminer vendredi soir s’est prolongée par une action d’occupation du Civic Square. Une action qui a provoqué des heurts violents, entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants.

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Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy.

Après une semaine de grève que l’on pourrait qualifier de « modèle », les étudiants de Hong Kong, frustrés d’avoir affaire à un gouvernement qui a systématiquement refusé le dialogue, ont décidé vendredi soir de monter d’un cran leur action.

Ils ont tenté de prendre d’assaut le Civic Square, une place située juste devant le Conseil législatif, un endroit où des grilles de trois mètres de haut ont été récemment érigées dans le but justement d’empêcher les manifestations de s’y dérouler.

« Ce que nous voulons, c'est obtenir une vraie démocratie »

Les policiers ont d’abord brandi des bandeaux rouges indiquant « Arrêtez de forcer le passage, ou nous devrons utiliser la force ». Mais environ 200 étudiants ont réussi à pénétrer l’enceinte. Et la situation a dégénéré. Il y a eu des blessés et des arrestations : 13 personnes de 16 à 35 ans ont été interpellées dont le leader des étudiants, Joshua Wong. La police a utilisé, abondamment selon les témoins, des gaz lacrymogènes, et même du gaz au poivre. « Ça nous est égal d'être blessés, ça nous est égal d'être arrêtés, ce que nous voulons, c'est obtenir une vraie démocratie », a déclaré un manifestant, Wong Kai-keung, installé au premier rang des protestataires.

Une première tentative de déloger les étudiants à l’aube, ce samedi, a eu lieu, mais en vain. Plus tard dans la journée, les forces de l'ordre ont fait évacuer environ cinquante manifestants qui se trouvaient à l'intérieur du siège du gouvernement de Hong Kong. Un total de 61 personnes ont été arrêtées durant l'opération qui s'est passée sous les huées de la foule qui criait des slogans tels que « la police devrait arrêter les voleurs, pas les étudiants ». Plusieurs personnalités du mouvement prodémocratie de Hong Kong avaient précédemment rejoint les étudiants, notamment le cardinal Zen et Benny Tai, qui va mener un autre mouvement de désobéissance civile « Occupy Central » à partir de mercredi.

Les étudiants sont depuis plusieurs semaines le fer de lance d'une campagne de désobéissance civile

Les étudiants sont depuis plusieurs semaines le fer de lance d'une campagne de désobéissance civile. En juillet, un demi-million de manifestants avaient défilé dans les rues pour protester contre l'emprise croissante de Pékin sur la vie de Hong Kong.

La Chine, à laquelle Hong Kong a été rétrocédé par Londres en 1997, a annoncé en août que le futur chef de l'exécutif local serait bien élu au suffrage universel dès 2017, mais que seuls deux ou trois candidats sélectionnés par un comité de nomination seraient habilités à se présenter au scrutin.

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