Inde

Inde: condamnation de la dirigeante du Tamil Nadu pour corruption

Jayalalithaa Jayaram, la ministre en chef et dirigeante de l'Etat du Tamil Nadu, en Inde, est assise à l'avant d'un véhicule du gouvernement alors qu'elle rejoint la Cour de Bangalore, le 27 septembre.
Jayalalithaa Jayaram, la ministre en chef et dirigeante de l'Etat du Tamil Nadu, en Inde, est assise à l'avant d'un véhicule du gouvernement alors qu'elle rejoint la Cour de Bangalore, le 27 septembre. AFP PHOTO/STR

En Inde, Jayalalithaa Jayaram, ministre en chef et dirigeante de l'Etat du Tamil Nadu vient d'être condamnée à quatre ans de prison pour avoir amassé une fortune disproportionnée par rapport à ses revenus. Cette condamnation a fait l'effet d'un tremblement de terre au Tamil Nadu, tant cette ancienne star du cinéma y apparaissait comme une demi déesse.

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Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Il aura fallu 18 ans, 7 juges, 25 appels auprès de la Cour suprême et le transfert du procès en dehors de l'Etat du Tamil Nadu pour arriver à la condamnation de cette femme politique hors du commun.

Dans cet Etat septentrional très religieux, Jayalalithaa Jayaram se faisait appeler Amma, « la mère ». Et tous les programmes sociaux qu'elle lançait portaient son nom maternel. Mais derrière cette générosité se cachait un enrichissement douteux, selon la Cour de Bangalore : en 1991, quand elle est devenue ministre en chef pour la première fois, elle a annoncé qu'elle ne se verserait qu’une roupie de salaire par mois. Mais cinq ans après, ses successeurs et opposants l'ont poursuivie, car elle possédait des biens estimés à plus de 10 millions d'euros, dont près de 10 000 saris, 28 kg d'or et 750 paires de chaussures.

Un vrai tremblement de terre

Cette condamnation fait l'effet d'un tremblement de terre au Tamil Nadu, tant cette ancienne star du cinéma apparaissait comme une demi déesse. Elle pourra faire appel à partir de mardi, mais sans pour autant récupérer son poste : un récent arrêt de la Cour suprême disqualifie tout élu qui a été condamné à plus de deux ans de prison.

A la tête du troisième parti du Parlement, elle perd son mandat électif et va devoir être remplacée. Ses partisans sont descendus dans la rue, où de violents heurts ont eu lieu après l'énoncé du verdict. Quatre ans de prison : la condamnation d'un responsable politique de ce niveau pour corruption est inédite en Inde comme l'explique Ingrid Therwath, politologue et responsable de l'Asie du Sud pour le magazine Courrier international :

Le nouveau Premier ministre, Narendra Modi, a été élu avec dans son programme et dans ses discours, la volonté de mettre un terme à la corruption dans la vie politique en Inde. […] C’est aussi le symbole d’un ras-le-bol des Indiens. […] C’est la disproportion de la corruption qui est flagrante et qui est sanctionnée aujourd’hui

Ecoutez-la

Ingrid Therwath rappelle aussi quel genre de politique et de femme est Jayalalithaa Jayaram :

Elle a établi autour d’elle un véritable culte de la personnalité […] Elle est connue pour des mesures très, très bonnes en matière de santé publique, dans les années 90 […] Et aussi bien sûr pour sa corruption

Son portrait

Jayalalithaa Jayaram était star du cinéma avant d'entrer en politique.
Jayalalithaa Jayaram était star du cinéma avant d'entrer en politique. AFP PHOTO/SESHADRI SUKUMAR

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