Hong Kong

Hong Kong: la bataille pour la démocratie entre dans l'arène politique

De petits groupes de manifestants pro-démocratie occupaient encore la rue ce mercredi 8 octobre à Hong Kong.
De petits groupes de manifestants pro-démocratie occupaient encore la rue ce mercredi 8 octobre à Hong Kong. REUTERS/Bobby Yip
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La bataille pour la démocratie à Hong Kong s’est déplacée dans l’arène politique. Ce mercredi, une première session parlementaire depuis la rentrée aurait dû avoir lieu, mais les portes de l’hémicycle sont restées fermées. Quarante-et-un députés pro-Pékin (sur 70 au total) avaient demandé l’annulation de la session pour cause d’insécurité. Les manifestants campent en effet toujours devant l’entrée du bâtiment. L'annulation de la session parlementaire est controversée.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Hong Kong, Heike Schmidt

Lee Cheuk-yan, député du Parti des travailleurs et président de l’Alliance de Hong Kong pour le mouvement démocratique, fait partie de ceux qui contestent l'annulation de cette session, la première du genre depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Il pense que derrière se cache une autre raison :

« Nous sommes bien sûr très, très en colère que la session ait été annulée. Ça n’est pas raisonnable. Les députés pro-gouvernementaux estiment que leur sécurité n’est pas assurée. Mais ces mêmes députés viennent tous les jours ici pour travailler, et ils ne rencontrent aucun problème ! A notre avis, c’est juste une excuse, qui arrange aussi le gouvernement. Ils veulent éviter nos questions autour de l’utilisation des gaz lacrymogènes (le 28 septembre). Nous voulons savoir qui a donné l’ordre d’utiliser des gaz lacrymogènes contre les étudiants. C’est le chef de l’exécutif qui doit prendre la décision finale. Ils veulent aussi éviter notre souhait de mettre en place une commission d’enquête et notre demande de débattre de la gestion de crise autour de ce mouvement d’occupation et des réformes politiques. Mais les pro-Pékin ne veulent pas de tout cela – en disant qu’ils ne peuvent pas accéder en toute sécurité au Parlement ! »

Une accalmie relative

Cet évènement politique intervient alors que, ce mercredi, de petits groupes de manifestants restaient dans la rue après que les leaders des étudiants eurent accepté de dialoguer avec le gouvernement - les négociations devraient débuter vendredi avec la numéro deux de l'exécutif local Carrie Lam. De fait, les pro-démocratie restent mobilisés pour dénoncer la mainmise de Pékin, mais dans une proportion bien moindre que ces jours derniers.

Sebastian Veg est directeur du Centre d'études français sur la Chine contemporaine à Hong Kong. « Je suis frappé par l’indifférence, et je dirais même le mépris, de la classe politique, y compris chez les démocrates qui sont aux abonnés absents. On entend des appels paternalistes disant "voilà c’était bien gentil, c’était formidable, mais maintenant les enfants, il faut rentrer, sinon ça va mal se terminer, vous allez vous faire mal." Et je n’ai pas du tout l’impression que la classe politique a intégré le changement qu’il y a eu. Toute la difficulté, c’est de réintroduire les institutions démocratiques, et donc forcément le jeu des partis, dans cette négociation, qui va de toute façon se poursuivre au-delà des étudiants aujourd’hui. Ça va continuer au moins jusqu’aux élections législatives de 2016. Et il est tout à fait probable que les élections de 2016 soient une sorte de référendum sur cette crise. »

→ A (RE) LIRE : Entretien / Hong Kong: «ces mouvements vont très certainement reprendre position»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail