Cambodge

Procès des Khmers rouge au Cambodge: la défense quitte l'audience

L'ancien dirigeant khmer rouge Khieu Samphan apparaît à l'écran de la salle de presse du tribunal spécial pour le Cambodge, le 17 octobre 2014.
L'ancien dirigeant khmer rouge Khieu Samphan apparaît à l'écran de la salle de presse du tribunal spécial pour le Cambodge, le 17 octobre 2014. REUTERS/Samrang Pring
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A peine est-il sur les rails que le deuxième procès contre les anciens responsables khmers rouges encore présents sur le banc des accusés fait face à un boycott de la défense. Le tribunal parrainé par les Nations unies, établi à Phnom Penh, a déjà condamné en août dernier les deux octogénaires à la réclusion à la perpétuité, dans le cadre d’une procédure morcelée en plusieurs mini-procès. La première journée d’audience des débats a été, ce vendredi, ajournée après le départ des avocats de la défense du prétoire en signe de protestation.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gee

Les procureurs entrent immédiatement dans le débat, dépeignant des accusés menteurs et sans remords. La défense ne suit pas. Les accusés annoncent tour à tour que leurs avocats ne prendront pas part, pour l’heure, à ce nouveau procès.

Nuon Chea, l’ancien bras droit de Pol Pot, dit exiger comme préalable que la Cour suprême statue sur sa demande de révocation des quatre juges déjà face à lui lors du premier procès. « Vous avez un parti pris contre moi ! », lance-t-il aux magistrats, ajoutant ne pouvoir bénéficier d’un procès équitable.

Pas une « désertion de la défense »

Même ton chez Khieu Samphan, l’ancien président du régime khmer rouge, mais un argument différent. Son avocate, Me Anta Guissé, explique ne pouvoir mener de front l’écriture d’un mémoire d’appel de la sentence prononcée en août et la participation à un nouveau procès. 

« Le travail sur l'appel est crucial, et ce stade-ci des procédures est le plus important pour lui, car c'est cette procédure qui aura une incidence à la fois sur la peine qui a été prononcée, mais également sur celle que vous risquez de prononcer dans le procès 002/02. »

Il ne s’agit aucunement d’une « désertion de la défense », martèle l’avocate avant de quitter la salle, mais du « seul choix sensé à faire ». Il reste maintenant à la cour de trouver le moyen de faire revenir la défense sur sa décision.

→ Consulter : le site des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens

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