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Indonésie

Indonésie: deux journalistes français devant la justice

Les deux journalistes français Valentine Bourrat et Thomas Dandois à leur arrivée au bureau du procureur à Jayapura dans l'est de l'Indonésien, le 10 octobre 2014.
Les deux journalistes français Valentine Bourrat et Thomas Dandois à leur arrivée au bureau du procureur à Jayapura dans l'est de l'Indonésien, le 10 octobre 2014. AFP PHOTO / FILES / INDRAYADI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les deux journalistes français arrêtés début août comparaissent lundi 20 octobre devant un tribunal de Jayapura, capitale de la Papouasie, où ils enquêtaient, pour la chaîne de télévision Arte, sur le conflit séparatiste qui agite cette région du pays. La justice reproche à Valentine Bourrat et Thomas Dandois d’être entrés en Indonésie avec un visa de tourisme. Ils risquent une peine de cinq ans de prison au terme d'un long procès.

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Au moment de son interpellation Thomas Dandois était avec trois membres du Mouvement de la Papouasie libre. L'arrestation de Valentine Bourrat a rapidement suivi. En effet, dans cette région très militarisée, les journalistes n’exercent pas librement leur métier. D’où la situation des deux Français :

« Il a paru clair aux deux reporters que demander un visa de journaliste, comme le prévoient les règles, c’était s’exposer à un refus, à une absence de réponse, ou à une surveillance étroite de la part des autorités », explique Christophe Deloire, président de Reporters sans Frontières. « Ce n’était pas la manifestation d’une démarche d’animosité contre les autorités indonésiennes, c’était simplement l’idée qu’on ne pouvait pas aller sur place rencontrer des sources, des témoins, avec les règles telles qu’elles existent actuellement. »

« Leur place n'est pas à la barre »

Mais ces règles pourraient changer, car le nouveau président indonésien a déclaré pendant sa campagne électorale que la Papouasie devait être ouverte aux journalistes. Or, Joko Widodo prend ses fonctions le jour de l’ouverture du procès.

« Je crois que maintenant les autorités indonésiennes, et notamment la justice indonésienne, doivent reconnaitre que même si Valentine Bourrat et Thomas Dandois n’avaient pas au sens strict de visa de journaliste, ils n’ont fait que leur travail et qu’à ce titre, leur place n’est pas à la barre d’un procès, elle est de rentrer chez eux au plus vite », ajoute Christophe Deloire.

En France, un comité de soutien s'est mis en place et une pétition pour la libération des deux journalistes a recueilli plus de 10 000 signatures. La présidente de ce comité Marie-Cécile Destandau a eu des nouvelles des deux journalistes par leurs familles, loin d'être rassurées.

« Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent à l'ouverture d'un procès », explique-t-elle. « A quoi on se prépare ? A quelques mois d'enfermement ? Quelques semaines ? Ou est-ce qu'ils doivent se préparer psychologiquement à beaucoup plus ? Ça c'est difficile pour eux. »

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