Thaïlande

Thaïlande: la démocratie menacée par l’orientation de la junte?

Le Premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, le 21 août 2014.
Le Premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, le 21 août 2014. Reuters/Chaiwat Subprasom

En Thaïlande, le Conseil national de réformes (CNR) mis en place par la junte au pouvoir a tenu sa première session ce mardi 21 octobre. Cette assemblée de 250 membres est chargée de proposer des réformes politiques et sociales pour ramener l’harmonie dans le pays, secoué par une crise politique depuis près de dix ans. Des signes indiquent que l’orientation choisie sera celle d’une régression démocratique.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Les premières propositions de réforme faites par les membres du Conseil sont riches d’enseignements. Les militaires, qui occupent une trentaine de postes dans l’assemblée, ont suggéré que le Premier ministre ne soit plus issu des élections, mais une personne extérieure au monde politique. Un membre universitaire du Conseil souhaite que le nombre de députés de l’Assemblée nationale soit réduit de 500 à 77, soit un député par province.

Ces propositions conservatrices n’étonnent guère si l’on regarde la composition du Conseil national des réformes. La quasi-totalité des membres sont des partisans de l’establishment traditionnel, centré autour du palais royal, des militaires et de la bureaucratie. Plusieurs sont des leaders du mouvement d’opposition à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, politicien populaire et controversé, renversé par un coup d’Etat en 2006.

En revanche, aucun dirigeant des Chemises rouges, les partisans de Thaksin issus des classes modestes, ne figure dans le Conseil. Plusieurs analystes estiment que le modèle proposé sera celui d’une démocratie guidée, où les élections joueront un rôle marginal.

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