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Birmanie

Birmanie: exode record des minorités musulmanes

Evacuation de blessés après l'attaque du camp des déplacés Rohingyas à la périphérie de la ville de Sittwe dans l'Etat Rakhine, le 9 août 2013.
Evacuation de blessés après l'attaque du camp des déplacés Rohingyas à la périphérie de la ville de Sittwe dans l'Etat Rakhine, le 9 août 2013. AFP PHOTO / STR
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La minorité musulmane apatride continue de fuir les persécutions, selon les défenseurs des droits de l’homme. 10 000 Rohingyas ont quitté le pays sur des embarcations de fortune depuis deux semaines. Les violences entre bouddhistes et musulmans ont fait 200 morts et plus de 200 000 déplacés depuis 2012.

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Cette « saison des bateaux », comme l’appellent les Rohingyas, revient chaque année après la fête de l’Aïd. Profitant de mers plus calmes, la minorité musulmane met les voiles vers le Bangladesh, la Thaïlande et surtout la Malaisie. Cette année, les candidats au départ seraient plus nombreux  : 10 000 en quinze jours, selon l’ONG Projet Arakan.

Les pressions ont commencé au printemps dernier avec le recensement de la population, le premier en 30 ans, pendant lequel les musulmans refusaient de s’inscrire par peur d’enflammer les tensions.

Début septembre, al-Qaïda a menacé de s’étendre en Asie du Sud-Est et notamment en Birmanie. Dans ce contexte, depuis fin septembre les arrestations se multiplient dans la communauté rohingya au prétexte de lutte contre le terrorisme, selon la directrice de l’ONG Chris Lewa. « Ces arrestations, qui ont eu lieu à partir du 25 septembre, semblent être liées à des allégations que certaines personnes auraient tenues, affirmant que des leaders religieux avaient des contacts à l'extérieur de la Birmanie, explique Chris Lewa. Une vingtaine de ceux qui ont été arrêtés viennent d'être condamnés à cinq ans de prison pour association avec des groupes illégaux. »

Poussés vers la mer

Cinq ans de prison et des actes de tortures sont également dénoncés par le Projet Arakan. Pour les autorités birmanes, il ne s’agit là que d’une « campagne de désinformation » menée par les Rohingyas eux-mêmes. L’ONG est pourtant formelle, des jeunes musulmans sont régulièrement battus pas les forces de l’ordre birmanes. Les passeurs agiraient sous les yeux des militaires avec pour objectif de les pousser à la mer.

« C'est vraiment une campagne pour essayer de créer la panique dans la population, pour qu'ils partent d'eux-mêmes, dénonce Chris Lewa. 10 000 personnes ont fui en quinze jours, c'est énorme. »

Un « exode sans précédent », avec cette question : comment va réagir la Thaïlande voisine ? En 2009, face à un départ massif des Rohingyas, Bangkok avait décidé de les repousser en mer.

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