Bangladesh

Bangladesh: la condamnation d’un dirigeant islamiste allume la mèche

Motiur Rahman Nizami, dirigeant islamiste de 71 ans, dans sa prison le 30 janvier 2014.
Motiur Rahman Nizami, dirigeant islamiste de 71 ans, dans sa prison le 30 janvier 2014. STRINGER / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le dirigeant le plus important du parti islamiste Jamaat-e-Islami a été condamné à mort, mercredi 29 octobre, par un tribunal d’exception chargé de juger les crimes commis il y a 40 ans lors de la guerre d’indépendance contre le Pakistan. Motiur Rahman Nizami, 71 ans, a été reconnu coupable de meurtres, de viols et de pillages et condamné à la pendaison. Le verdict provoque la colère du parti au Bangladesh et fait craindre de nouvelles violences dans le pays.

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La réaction du Jamaat-e-Islami était attendue par les autorités. Le parti islamiste du Bangladesh a appelé ce mercredi matin à un « hartal » de 72 heures. Les commerçants sont invités à ne pas ouvrir leurs rideaux de fer, les salariés à faire grève de 6 heures du matin jeudi jusqu’au lendemain vendredi, puis de dimanche à mardi.

Cet appel à la désobéissance civile fait suite à la condamnation à mort du président du parti par le tribunal international des crimes numéro 1 de Dacca. Barbe blanche, bonnet musulman et grosses lunettes carrées, Motiur Rahman Nizami fait la une de tous les journaux ce mercredi.

Meurtres, viols et pillages

La juridiction controversée, chargée depuis 2010 de juger ceux qui ont collaboré avec le Pakistan lors de la guerre de libération, l’a reconnu coupable de 16 crimes, dont l’exécution d’un professeur des écoles et d’intellectuels favorables à l’indépendance, le viol, les pillages ainsi que des meurtres de masse commis dans sa région natale de Pabna alors qu’il dirigeait la terrible milice A1-Badr qui luttait aux côté de l’armée pakistanaise.

Pour le Jaamat-e-Islami, ces accusations sont « fausses » et visent à déstabiliser le mouvement islamiste.

Alors que les autorités redoutent des violences, des policiers et des gardes-frontières ont été déployés en force dans les principales villes du pays. En 2013, les heurts entre musulmans et hindouistes avaient fait plus de 500 morts.

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