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Corée du Sud / Internet

Corée du Sud: des articles de presse financés par le «crowdfunding»

En quelques clics, les internautes sud-coréens peuvent financer des articles de presse.
En quelques clics, les internautes sud-coréens peuvent financer des articles de presse. Getty Images/Digital Vision/Fred Froese
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Corée du Sud, « Daum », l’équivalent coréen du portail « Yahoo! », tente une expérience originale : il propose à ses lecteurs de financer en avance l’écriture des articles qu’ils ont envie de lire sur des sujets d'actualité divers. C’est ce qu’on appelle du crowdfunding, du financement participatif.

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Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

Si le financement participatif se développe, il n’était jusqu’ici que rarement appliqué au journalisme. L’idée du portail sud-coréen Daum est très simple. Les internautes se voient proposer une liste de suggestions d’articles. Dans cette liste, on trouve des sujets tels que : « Pourquoi Thomas Piketty est-il si populaire en Corée ? », « Comment gagner son procès ? », ou encore une enquête sur les violences domestiques. Si un lecteur est intéressé par un sujet, il contribue à son financement. Le montant minimum a été fixé à 1 euro. Une fois que suffisamment d’argent a été récolté, le journaliste se met au travail et commence ses interviews, ses recherches et la rédaction de son papier. 

L’article est ensuite mis en ligne gratuitement sur Daum. Les lecteurs-donateurs sont, eux, remerciés… symboliquement. Leur nom est publié en fin de papier. Ils sont aussi invités à des conférences données par le journaliste et ont la possibilité de communiquer avec l’auteur de l’article et de suivre l’avancée de son travail, notamment en lui posant des questions et en lui donnant des suggestions.

Un mode de financement qui fait débat

De célèbres journalistes coréens ont déjà rejoint l’expérience. C’est le cas notamment de Ju Jin-woo, un journaliste d’investigation très connu pour son podcast irrévérencieux baptisé Je suis une fouine. Sa proposition d’article sur ses ennuis judiciaires a déjà réuni près de 50 000 euros de dons, soit sept fois plus que la somme initialement demandée. 

Mais ce nouveau mode de financement d’articles de presse fait débat en Corée du Sud. Le site Daum, qui reverse l’intégralité des dons récoltés aux journalistes, s’est en fait inspiré de plates-formes similaires, expérimentées aux Etats-Unis et destinées à des journalistes freelance. Certains observateurs coréens parlent de « révolution » et se réjouissent de cette « indépendance » obtenue face aux annonceurs publicitaires, des annonceurs très puissants qui peuvent empêcher la publication d’articles trop dérangeants.

D’autres s’inquiètent. Ils estiment que l’initiative de Daum, un géant du net coréen, pourrait menacer l’existence de petits médias indépendants déjà présents sur le web. D’autant plus que c’est Daum qui choisit les sujets qui sont proposés aux donateurs, ce qui signifie que l’indépendance promise n’est pas vraiment au rendez-vous.

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