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Corée du Sud

Naufrage du «Sewol»: 36 ans de prison pour le capitaine du ferry

Le capitaine du «Sewol» Lee Joon-seok (en vert avec des lunettes), entouré de membres de son équipage, au moment du verdict de son procès le 11 novembre 2014 à Gwangju.
Le capitaine du «Sewol» Lee Joon-seok (en vert avec des lunettes), entouré de membres de son équipage, au moment du verdict de son procès le 11 novembre 2014 à Gwangju. REUTERS/Ed Jones/Pool

A l'issue d'un procès de cinq mois riche en témoignages accablants de rescapés, le capitaine du ferry sud-coréen Sewol, qui a coulé le 16 avril dernier, emportant 304 personnes - dont 250 lycéens - sur 476 passagers, a été condamné à 36 ans de réclusion, ce mardi 11 novembre à Gwangju, dans le sud du pays. Lee Joon-seok risquait la peine de mort pour homicide. Il avait quitté précipitamment le navire après le naufrage alors que des centaines de personnes étaient encore prises au piège. Le parquet a fait appel.

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Agé de près de 70 ans, le capitaine du Sewol est condamné à 36 années de prison, après un procès engagé le 11 juin dernier. Lee Joon-seok a été reconnu coupable de négligences professionnelles ayant provoqué la mort. L’accusation d'homicide « par négligence aggravée », retenue par le parquet qui réclamait la peine capitale, a été rejetée par les trois juges professionnels du tribunal de Gwangju. Les onze autres membres de l’équipage ont été condamnés à diverses peines de prison, relate notre correspondant à Séoul Frédéric Ojardias.

« Il ne nous a pas été possible de conclure que les accusés [...] savaient que les victimes allaient mourir à cause de leurs agissements, ni qu'ils avaient l'intention de les tuer », ont expliqué les magistrats pour justifier le rejet des chefs d'accusation de meurtre. Mais certaines familles présentes à l'audience ont manifesté leur colère de voir Lee Joon-seok échapper à la peine de mort, qui n'a cependant plus été appliquée dans le pays depuis 1997. « Où est la justice ? », a notamment demandé une femme aux juges. Jugeant lui aussi la condamnation trop clémente, le parquet n'a d'ailleurs pas traîné, annonçant qu'il faisait appel.

La condamnation du capitaine Lee est, de facto, plutôt modérée. Le jour du drame, le capitaine du ferry, qui reliait alors la pointe sud de la péninsule coréenne et l'île de Jido, empli de lycéens en voyage scolaire, avait ordonné aux passagers de rester dans leur cabine au lieu d’évacuer, alors que lui-même faisait partie des tout premiers à abandonner son bateau, en caleçon. Lors du procès, des vidéos absolument accablantes, enregistrées par les smartphones d'enfants, ont montré que cet ordre criminel continuait d'être répété via les haut-parleurs alors que le navire se retournait peu à peu. Les lycéens qui ont survécu sont ceux qui ont désobéi.

« J'étais trop paniqué, j'étais incapable de faire quoi que ce soit »

L’opinion publique est si furieuse dans cette affaire qu’aucun avocat n’a accepté de défendre les accusés. Tous sauf un avaient un avocat commis d’office. Le propriétaire du navire, lui, n’a pas pu être jugé. Yoo Byung-eun a été retrouvé mort dans un verger alors qu’il tentait d’échapper à la police. Même sans sa présence, le procès fut chargé en émotions. La tragédie a provoqué une grave crise politique et une profonde remise en cause du modèle économique coréen.

Pendant son procès, le capitaine Lee avait déclaré qu'il « méritait » la peine capitale, mais avait juré qu'il n'avait pas eu l'intention de sacrifier la vie des passagers. « J'étais trop paniqué, j'étais incapable de faire quoi que ce soit, a-t-il plaidé. Je n'ai pas pris les mesures appropriées, ce qui a conduit à la perte de nombreuses vies précieuses. »

La condamnation du Sud-Coréen est l'épilogue judiciaire d'une catastrophe figurant parmi les plus meurtrières de l'histoire du pays en temps de paix. Elle coïncide aussi avec la fin des recherches sous-marines qui étaient encore menées quelques heures avant le verdict. Neuf personnes resteront portées disparues. « La situation dans le bateau est devenue trop difficile pour poursuivre les opérations de recherches », justifie le ministre coréen des Affaires maritimes.

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