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Inde

Bhopal: 30 ans après, des victimes en grève de la faim

Une manifestation des victimes de Bhopal à New Dehli, le 10 novembre 2014, trente ans après le drame qui a coûté la vie à au moins 5 000 personnes.
Une manifestation des victimes de Bhopal à New Dehli, le 10 novembre 2014, trente ans après le drame qui a coûté la vie à au moins 5 000 personnes. REUTERS/Adnan Abidi
Texte par : RFI Suivre
2 min

Il y a 30 ans, près de 24 tonnes d'un gaz extrêmement toxique s'échappaient d'un réservoir de l'usine de pesticides de la ville de Bhopal, au centre de l'Inde. Au moins 5 000 personnes sont mortes dans les heures qui ont suivi et des dizaines de milliers d'autres ont été contaminées, et continuent à souffrir d'infections des poumons ou de cancers. Environ 33 000 survivants ont été indemnisés, mais les associations affirment que plus de 500 000 personnes ont été victimes de ce nuage toxique.

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Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Vishnou Panthi a vu ses trois neveux décéder après le passage du nuage de gaz au-dessus de son quartier de JP Nagar. Agée à présent de 50 ans, elle souffre de douleurs aux yeux et respire difficilement. Elle n'a reçu que 25 000 roupies d'indemnisations, soit environ 400 euros, bien trop peu pour payer les soins. Alors, avec quatre autres femmes victimes des contaminations de Bhopal, elle a entamé une grève de la faim pour demander au gouvernement d'indemniser toutes les personnes, afin qu'elles puissent se soigner.
« Mon mari et mon fils sont aussi malades et ne peuvent pas travailler, dit-elle. Les hôpitaux publics ne nous offrent pas des soins dignes de ce nom, donc nous devons aller dans les cliniques privées, ce qui coûte cher. Je fais cette grève de la faim pour tous ceux qui sont malades comme moi. »

« Blessures temporaires »

Plus de 500 000 personnes ont été contaminées lors de la catastrophe de Bhopal. Mais le gouvernement considère que 90% n'ont souffert que de blessures temporaires. Une absurdité, pour Rachna Dhingra, coordinatrice du groupe de Bhopal pour l'information et l'action : « Les archives de l'hôpital public régional montrent que jusqu'à 2010, 400 000 victimes du gaz souffraient de maladies chroniques. Les documents de la compagnie disent aussi que si vous y êtes exposés, vous aurez toujours des blessures résiduelles. Il n'y a donc pas de blessures temporaires avec ce gaz.»

Quatre procès sont toujours en cours contre la firme américaine Union Carbide et l'entreprise qui l'a rachetée, Dow Chemicals.

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