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Birmanie

La visite d'Obama perçue comme une légitimation du régime birman

Un graffiti représentant le président américain, Barack Obama, dans une rue de Rangoon, le 17 novembre 2012.
Un graffiti représentant le président américain, Barack Obama, dans une rue de Rangoon, le 17 novembre 2012. REUTERS/Soe Zeya Tun
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Barack Obama est en visite officielle en Birmanie où il est arrivé ce mercredi après-midi. C’est la seconde fois en deux ans qu’il se rend dans ce pays en transition politique, dirigé par un gouvernement réformateur. Le président américain est en Birmanie pour un sommet régional avec les chefs d’Etat et de gouvernement asiatiques, mais sa présence dans la capitale birmane vient légitimer le processus de réformes pro-démocratiques de ce pays.

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Avec notre correspondant à Rangoon, Rémy Favre

Barack Obama est arrivé à Naypyidaw, la capitale politique, la ville nouvelle, austère, aux allées larges de plus de dix voies... et capitale symbole du régime militaire qui l’a construite au milieu des années 2000. C'est la première fois que le président américain la visite.

Il y a deux ans, il était resté une dizaine d’heures en Birmanie, mais à Rangoon, la plus grande ville. Sa présence dans la capitale politique, cette fois, vient légitimer le pouvoir des anciens militaires, issu d’élections entachées d’irrégularités. Des anciens militaires qui ont entrepris des réformes pro-démocratiques.

Mais le processus de transition est en panne depuis le début de l’année dernière. Alors Aung San Suu Kyi s’irrite de cette proximité entre l’administration Obama et le pouvoir des anciens militaires. Les Etats-Unis sont « trop optimistes », d’après la députée d’opposition.

Ils ont levé la majorité de leurs sanctions sur le pouvoir birman. Ils auront des difficultés à exiger la révision constitutionnelle à laquelle elle tient tant. Une délégation de son parti est en Chine depuis mardi, où elle doit elle-même se rendre en décembre. Elle était considérée comme pro-occidentale tandis que le gouvernement birman était perçu comme pro-chinois. Les rôles, cette fois-ci, sont inversés.

Un succès pour le régime

La Birmanie est sous le feu des projecteurs. En accueillant pendant deux jours le sommet de l'Asean, l’Association des nations d’Asie du sud-est. C’est indéniablement un succès pour le président Thein Sein. En 2006, la présidence de l’Asean avait échappé à la Birmanie en raison des critiques internationales sur les violations systématiques des droits de l’homme dans le pays.

Mais en 2010, l'organisation a considéré qu'attribuer la présidence tournante à Naypyidaw pour l'année 2014 serait bénéfique au processus d’ouverture du pays, à son développement et l'aiderait à prendre conscience des attentes de la communauté internationale.

Les réformes entreprises par le gouvernement du président Thein Sein depuis deux ans et la levée des sanctions par les Etats-Unis et l’Union européenne pouraient laisser penser que ce calcul était juste. Mais aujourd’hui, la démocratisation semble au point mort, à l'approche d'élections cruciales pour le pays. La réforme de la Constitution se fait attendre alors qu'elle garantit toujours le pouvoir aux militaires et empêche l'opposante Aung San Suu Kyi d'accéder à la présidence.

Le président Obama a d'ailleurs rencontré la prix nobel de la paix. Aung San Suu Kyi a récemment déclaré que le processus de réformes était en panne. Elle lui a certainement rappelé que pour beaucoup d'observateurs, les Occidentaux ont levé les sanctions trop rapidement.

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