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Chine / Hong Kong

Hong Kong: le mouvement prodémocratie bat en retraite

Des militants prodémocratie bloquent un tunnel routier, à Hong Kong, le 1er décembre 2014.
Des militants prodémocratie bloquent un tunnel routier, à Hong Kong, le 1er décembre 2014. REUTERS/Tyrone Siu
Texte par : RFI Suivre
4 min

A Hong Kong, ce 2 décembre, les animateurs du mouvement Occupy Central ont annoncé qu'ils allaient se rendre à la police et ont appelé à la dispersion des manifestants, marquant une scission entre les différents groupes de manifestants prodémocratie. Les derniers heurts de dimanche à lundi avaient causé l’hospitalisation de 58 blessés, dont 11 policiers. Et beaucoup d’autres « petits blessés » selon les participants.

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Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

Est-ce la fin du mouvement prodémocratie à Hong Kong ? Un salut bas comme on le fait notamment au Japon et en Chine pour demander pardon en public, les organisateurs du mouvement étudiant ont fait amende honorable lundi soir et ont estimé que leur tentative d’intensifier le mouvement en prenant d’assaut les abords des immeubles administratifs s’était soldée par un échec. D'ailleurs, ce 2 décembre, les trois fondateurs d'Occupy Central ont appelé tous les militants à se disperser.

Ils ont également indiqué qu'ils allaient se rendre aux forces de l'ordre : « Alors que nous nous préparons à nous rendre, nous appelons tous les trois les étudiants à battre en retraite, à s'enraciner profondément dans la communauté et transformer » la nature du mouvement, a notamment déclaré l'un des dirigeants d'Occupy Central Benny Tai. Benny Tai, Chan Kin-man et Chu Yiu-ming avaient fondé le mouvement de désobéissance civile Occupy Central, début 2013 pour demander des réformes politiques à Hong Kong. Tout au long du mouvement, des associations d'étudiants plus radicales avaient occupé de plus en plus le devant de la scène.

Du côté des étudiants, Joshua Wong, le plus jeune et le plus radical des leaders du mouvement avait auparavant annoncé qu’il entamait une grève de la faim illimitée, avec deux autres membres de son mouvement dans le but d’obtenir un dialogue avec la secrétaire en chef du gouvernement, Carrie Lam, pour discuter de la réouverture d’une consultation publique et de la relance des réformes politiques.

De son côté, le chef de l’exécutif CY Leung avait cité un proverbe chinois disant, « si on considère ceci tolérable, qu’est ce qui ne le serait pas ? », ce que les analystes ont pris comme son plus sévère avertissement depuis le début de la crise, il y a plus de deux mois.

Manifestant à Hong Kong, le 28 septembre.
Manifestant à Hong Kong, le 28 septembre. REUTERS/Tyrone Siu/Files


 ■ Une mission parlementaire britannique bloquée aux portes de Hong Kong

La Chine tient éloignés les témoins gênants de ses activités. une mission parlementaire britannique s’est ainsi vu refuser l’accès au territoire.

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Les autorités chinoises estiment que la décision d'envoyer cette délégation est un geste « ouvertement conflictuel et nuisible au développement des relations » entre Londres et Pékin. Cette commission enquête sur les relations entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie depuis la déclaration commune de 1984, qui avait fixé les conditions de la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997. Et les députés britanniques espéraient se rendre à Hong Kong pour vérifier que le principe d’« un pays, deux systèmes » au cœur de l’accord conclu il y a 30 ans était respecté.

Le chef de la mission parlementaire a protesté très publiquement à travers les médias contre ce refus d'accès à Hong Kong. Richard Ottaway dénonce une méthode « délibérément agressive » de la part du gouvernement chinois et a demandé lundi que la question soit évoquée en urgence lors d’un débat devant la Chambre des Communes à Londres. C’est une démarche avant tout symbolique mais embarrassante pour le gouvernement de David Cameron dont les critiques à l’égard de Pékin sur la situation à Hong Kong sont restées jusqu’à présent très mesurées.

Contrats commerciaux ou droits de l'homme ?

Il faut dire que les relations entre le Royaume-Uni et la Chine commençaient à se réchauffer et leurs liens économiques à se resserrer ces derniers temps avec la conclusion de nombreux contrats commerciaux. Londres ne veut donc pas voir ses efforts de séduction réduits à néant même si David Cameron ne cesse de répéter que la quête de contrats juteux avec Pékin ne se fera jamais au détriment des droits de l’homme.

Le gouvernement birtannique ne se fait guère d’illusions, 17 ans après avoir rétrocédé le territoire à la Chine. Le même Richard Ottaway a déjà prévenu il y a quelque temps qu’aucun pays, pas même la Grande-Bretagne ne pourrait faire quoi que ce soit si Pékin opte pour la répression. Ce qui n’empêche pas Londres d’exprimer son soutien aux aspirations des habitants de Hong Kong à plus de démocratie. Selon certains analystes le fait que la Grande-Bretagne, les Européens et d'autres pays occidentaux expriment leur désaccord pourrait peut-être au moins inciter la partie chinoise à plus de retenue.

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