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Pakistan

Traumatisé, le Pakistan partagé entre deuil et volonté de répression

Des proches pleurent la mort de Mohammed Ali Khan, un élève de 15 ans de l'école militaire de Peshawar, tué le 16 décembre au Pakistan.
Des proches pleurent la mort de Mohammed Ali Khan, un élève de 15 ans de l'école militaire de Peshawar, tué le 16 décembre au Pakistan. REUTERS/Zohra Bensemra

Ce mercredi, le Pakistan a annoncé la levée de son moratoire sur la peine de mort dans les affaires de terrorisme, alors que le pays a décrété 3 jours de deuil national. Mardi, 141 personnes dont 132 écoliers ont été tuées dans une école accueillant des enfants de militaires à Peshawar, dans le nord-ouest du pays. Les assaillants, au nombre de six, sont passés de classe en classe pour exécuter les enfants. Le massacre a été revendiqué par les talibans pakistanais, qui entendaient ainsi se venger de l'offensive menée depuis le mois de juin par l'armée pakistanaise dans leur bastion du Waziristan.

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Notre correspondante, Gaëlle Lussia Berdou, s'est rendue à Peshawar dans l'hôpital où la plupart des victimes ont été amenées mardi. Elle explique que ce mercredi matin, il y a encore énormément d’agitation dans cet hôpital. Beaucoup de gens, y compris des proches des victimes, des victimes elles-mêmes mais aussi des survivants de l'attaque, sont toujours à l’hôpital, même s'ils ne sont pas nécessairement blessés. Ils sont venus réconforter leurs amis, leurs proches, leurs camarades d’école.

Un adolescent de 14 ans raconte qu’il se trouvait dans l’amphithéâtre de l’école avec des centaines d’élèves. Il suivait un cours de premiers soins donné par des officiers de l’armée pakistanaise. A ce moment, les assaillants ont fait irruption et se sont mis à tirer. Il a survécu, mais il se trouve encore dans cet hôpital, sous le choc de ce qu'il s’est passé. Le jeune Pakistanais explique que ceux qui se sont couchés par terre, comme lui, ont survécu. Les autres, qui sont restés debout, sont morts.

Une vingtaine de patients ont été traités par l'hôpital de Peshawar. Plusieurs ont été opérés mardi et d’autres le seront ce mercredi. Sur place, on compte aussi beaucoup de gardes armés. De nombreux policiers sont déployés dans l’hôpital et autour de l’établissement. On sent que les autorités sont encore véritablement « sur les dents » ce mercredi à la suite de l'attaque meurtrière.

Sécurité renforcée et réponse politique

Plusieurs personnalités politiques ont fait le déplacement mardi. Elles se sont présentées entre autres pour apporter leur réconfort aux victimes. Ce mercredi, une réunion a été organisée avec le Premier ministre Nawaz Sharif, et 17 des plus grands partis politiques un peu plus tard à Peshawar, à la maison du gouverneur.

L'objectif est, sans doute, de discuter des leçons à tirer de cette attaque, mais aussi de ce qu’il faudra faire pour que l’horreur ne se reproduise plus à Peshawar ni ailleurs. D'ores et déjà, une levée du moratoire sur la peine de mort a été annoncée pour les cas de terrorisme. Il s'agit d'une volonté de lancer une offensive. Est-ce qu'il y aura véritablement une intensification de cette opération militaire ?

Mardi, le Premier ministre avait déjà évoqué une éventuelle intensification de l’opération militaire, qui a lieu déjà depuis six mois dans le nord-ouest du pays à la frontière avec l’Afghanistan, où les talibans et d'autres groupes armés trouvent refuge. Manifestement, Nawaz Sharif cherche un consensus pour aller de l'avant.

Des condamnations de toutes parts

Barack Obama, le président américain, a parlé d’une « attaque terrifiante et odieuse ». « Aucune cause ne peut justifier ces horreurs », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. De son côté, le président français François Hollande parle d’un « acte ignoble ». Quant au député UMP Pierre Lellouche, membre de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il estime que « cette attaque relève d’un fanatisme absolu ».

L'attaque a été revendiquée par Mouvement des talibans du Pakistan mais il a été condamné par les talibans afghans qui dénoncent « le meurtre prémédité d'innocents
contraire aux principes de l'Islam
 ». Dans Peshawar, les enterrements des 141 victimes ont débuté mardi et se poursuivront ce mercredi. C’est toute la ville qui est en deuil.

Cette attaque, même si elle a été revendiquée, soulève une interrogation.

Jean-Luc Racine

Funérailles d'un élève tué lors de l'attaque de l'école militaire de Peshawar, le 17 décembre 2014 au Pakistan.
Funérailles d'un élève tué lors de l'attaque de l'école militaire de Peshawar, le 17 décembre 2014 au Pakistan. REUTERS/Fayaz Aziz

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