Cambodge

Cambodge: reprise du procès de deux dirigeants khmers

L'ancien dirigeant khmer rouge Khieu Samphan apparaît à l'écran de la salle de presse du tribunal spécial pour le Cambodge, le 17 octobre 2014.
L'ancien dirigeant khmer rouge Khieu Samphan apparaît à l'écran de la salle de presse du tribunal spécial pour le Cambodge, le 17 octobre 2014. REUTERS/Samrang Pring
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Au Cambodge, le deuxième procès contre deux anciens dirigeants khmers rouges a enfin repris. Ou plutôt commencé. Dès le premier jour des audiences au fond en octobre, il avait été suspendu durant deux mois suite au boycott de l’équipe de défense d’un des accusés. Celle-ci voulait pouvoir se consacrer pleinement à l’appel de la première condamnation, la détention à la perpétuité, prononcée en août dernier contre son client. Puis ce dernier, Khieu Samphan, a été hospitalisé en début d’année, ce qui a entraîné un nouveau délai.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée

Le premier témoin de ce procès appelé à la barre était un adolescent sous le régime de Pol Pot qui, en moins de quatre ans, a conduit à la mort d’un quart de la population. Il n’a rien oublié des assassinats au quotidien perpétrés par les gardes khmers rouges, des actes qu’ils tentaient de dissimuler en diffusant de la musique crachée par des haut-parleurs.

Ce survivant raconte de manière crue l’horreur dans le camp de détention où il a échoué avec ses proches. La torture, la famine, les égorgements, et ces bébés dont les bourreaux fracassaient la tête sur des troncs d’arbre. Et puis ce détail macabre qui glace l’auditoire. Des vésicules biliaires arrachées à leurs victimes, séchées au soleil avant d’être infusées dans du vin dont se délectaient les cadres khmers rouges pour, explique le témoin, leur donner du courage.

La défense tente de mettre en doute ses souvenirs. Les deux accusés, octogénaires et à la santé fragile, ont toujours nié leur responsabilité dans les atrocités commises sous leur régime. Pour accélérer la procédure et éviter qu’ils ne disparaissent avant la fin, le tribunal a récemment adopté de nouvelles dispositions permettant de limiter les faits examinés lors de ce qui sera sans doute leur dernier procès.

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