Mongolie

La Mongolie tente le référendum par SMS

Le Premier ministre de Mongolie, Chimed Saikhanbileg, le 21 novembre 2014.
Le Premier ministre de Mongolie, Chimed Saikhanbileg, le 21 novembre 2014. AFP PHOTO/ BYAMBASUREN BYAMBA-OCHIR

La Mongolie innove : ces quatre derniers jours, ce petit Etat asiatique de 3 millions de personne a effectué un référendum par SMS. Il s’agissait de choisir entre une cure d’austérité et les investissements étrangers. Sans surprise, c’est la seconde proposition que la population a retenu. Enfin, les 10% qui ont voté.

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« Une imposture ! » Les internautes mongoles ont sévèrement critiqué le référendum organisé par le Premier ministre. Ceux qui ont plusieurs téléphones peuvent voter plusieurs fois. Les étrangers ayant un numéro local peuvent eux aussi prendre part au vote. De quoi se poser des questions sur les résultats, d’autant qu’à peine 10 % des propriétaires de portables ont pris part à ce référendum qui au final ressemble plutôt à un sondage.

En tous cas, la majorité des participants (56 %) se sont déclarés favorables au soutien des mégaprojets miniers financés par les multinationales étrangères. Logique, l’alternative offerte était la poursuite de la politique d’austérité. La Mongolie a connu ces dernières années une croissance extraordinaire, avec la découverte d’immenses ressources minières. Mais la montée du sentiment national a entravé les investissements étrangers et considérablement ralenti la croissance.

Or le nouveau Premier ministre est très favorable à ces mégaprojets financés par l’étranger : dans sa question-SMS, il citait le cas emblématique de l’anglo-australien Rio Tinto, avec lequel les négociations pour l’exploitation d’un gigantesque gisement de cuivre, qui pourrait à terme représenter un tiers du PIB du pays, sont au point mort. Tout ce « référendum SMS » semble avoir été mis en place pour récupérer une sorte de blanc-seing pour relancer les négociations. « Une tentative évidente pour le gouvernement d’échapper à ses responsabilités » en les faisant peser sur la population, affirment les internautes mongols.

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