Chine

Ce milliardaire qui redonne à la Chine «son patrimoine historique»

Le milliardaire chinois Liu Yiqian a acheté une tapisserie tibétaine de 500 ans pour 45 millions de dollars américains, en novembre 2014. Ici avec sa femme Wang Wei à Hong Kong, le 12 mars 2015.
Le milliardaire chinois Liu Yiqian a acheté une tapisserie tibétaine de 500 ans pour 45 millions de dollars américains, en novembre 2014. Ici avec sa femme Wang Wei à Hong Kong, le 12 mars 2015. AFP PHOTO / Philippe Lopez

Un milliardaire chinois s’est vu remettre ce jeudi 12 mars une tapisserie tibétaine achetée 45 millions de dollars chez Christie’s en novembre dernier, soit 36 millions d'euros à l'époque (42 millions aujourd'hui). Liu Yiqian est non seulement l’un des hommes les plus riches de Chine, mais c’est aussi l’un des principaux collectionneurs du pays. Un homme qui se dit « fier » de « ramener en Chine » son « patrimoine historique ».

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Le dieu rouge conquérant de la mort de la tradition tibétaine reste heureusement impassible face à cette envolée de dollars. Que le public chinois se rassure, si pour l’instant son nouveau propriétaire s’est vu remettre un simple certificat, la tapisserie de plus de trois mètres de haut et de deux mètres de large, joyau de l’art bouddhique datant de la dynastie Ming, sera bientôt exposée dans le musée Long à Shanghai, autrement dit dans le musée de son acquéreur.

Ancien chauffeur de taxi devenu milliardaire en se lançant dans la finance dans les années 90, Liu Yiqian n’est pas le premier collectionneur chinois à se lancer dans le rachat des œuvres dispersées dans le monde aux XIXe et XXe siècles. Depuis les années 2000, c’est même devenu une « mission » chez les nouveaux capitalistes rouges. Un réflexe patriotique qui a donné naissance à des maisons de ventes internationales aussi fortes que le groupe Poly ou Guardian auction - « les enchères du gardien », tout un programme…

Le milliardaire shanghaïen n’en est d’ailleurs pas à son premier coup d’éclat sur le marché de l’art. En Juillet 2014, les spécialistes avaient sursauté, voyant le magnat buvant alors le thé dans un bol de plus de 500 ans qu’il venait d’acquérir pour faire, disait-il alors, « comme l’empereur Qianlong ». Son nouvel objectif est désormais de retrouver les deux autres tapisseries venant compléter le Thangka rouge et or à 45 millions de dollars, des œuvres qui ont appartenu au monastère Jokhang, situé à Lhassa au Tibet et classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

 → A (RE)LIRE : Christie's à l’assaut de la Chine, le deuxième marché mondial de l’art

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