Vanuatu

Cyclone Pam au Vanuatu: l'aide tarde dans les villages

Les rescapés du cyclone Pam font sécher leurs affaires au soleil.
Les rescapés du cyclone Pam font sécher leurs affaires au soleil. REUTERS/Dave Hunt/Pool
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Port-Vila, la capitale du Vanuatu, c’est le ballet des avions humanitaires, tous en partance vers les îles plus eloignées, où ils évaluent les besoins et distribueront bientôt de l’eau, de la nourriture et des tentes. Pendant ce temps-la, autour de la capitale et dans le reste de l’île d’Efate, d’autres villages, dont celui d'Erakor, prennent leur mal en patience.

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Avec notre correspondante à Port-Vila, Caroline Lafargue

Dans la concession de la famille Malcekan, les matelas sèchent toujours au soleil. A leur pied, un batteur à oeufs et des cahiers de classe. Des objets incongrus réunis par le cyclone, qui a par ailleurs emporté le toit et les murs de la maison principale.

Paul Malcekan a commencé à reconstruire dès le lendemain du cyclone. « On a essayé de remettre le toit de la cabane de mon papa. Et puis il y a la cuisine, on a remis le toit pour pouvoir faire quelque chose pour se nourrir. »

Mais il lui manque quelque chose d’essentiel : « On n’a pas d’eau. Je suis obligé d'aller chercher de l'eau à l'école pour la famille. Et pour se laver, il y a des fûts, mais ils ont des saletés ». La question de l'accès à l'eau potable est problématique et inquiète beaucoup les ONG sur place.

Erakor est pourtant situé à dix minutes en voiture de Port-Vila, où des centaines de travailleurs humanitaires sont arrivés. « Aujourd'hui, c'est le 5e jour après le passage du cyclone, mais on n'a rien reçu. »

Dans des messages diffusés par la radio nationale, les autorités demandent aux villageois de patienter, et de ne pas venir réclamer de l’aide à la capitale. Mais le gouvernement conseille dors et déjà à la population de replanter ce qu'elle peut pour faire face à la crise alimentaire qui s'annonce.

Dans un pays où 80% de la population vanuataise dépend de l'agriculture de subsistance c'est, pour Peter Iesul, responsable du développement rural au ministère de l'Agriculture, une priorité.

« Plus de 80% des plants de manioc et de patate douce ont été détruits par le cyclone. Pour le moment, les gens mangent les bananes arrachées, qu’ils ramassent par terre. Mais d’ici une semaine, ils seront a court de nourriture. Donc dans une semaine, nous commencerons à distribuer des sacs de riz, financés par l’aide internationale. En parallèle, nous conseillons aux cultivateurs et aux familles de replanter le plus vite possible les variétés qui poussent rapidement, à savoir le manioc et la patate douce, qui seront bons à récolter d’ici trois mois au minimum. »

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