Vanuatu

Cyclone Pam: les Vanuatais, entre attente et désespoir

Dans les ruines d'une école détruite par le cyclone Pam à Tanna, les enfants jouent.
Dans les ruines d'une école détruite par le cyclone Pam à Tanna, les enfants jouent. Reuters/Edgar Su

Une semaine après le passage du cyclone Pam, certaines îles de l’archipel du Vanuatu viennent juste d’être secourues. C’est le cas de l’île de Tanna, située à 200 kilomètres au sud de la capitale Port-Vila. Hier jeudi 19 mars, des avions en provenance de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française ont approvisionné la population tandis que des navires français, australien et néo-zélandais sont en route vers d'autres provinces de l'archipel.

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Avec nos correspondants à Port-Vila, Alexis Bedu et Caroline Lafargue

Des champs d’arbres morts, des cultures ravagées et des maisons envolées. Le soleil est revenu sur l’île de Tanna mais les traces du cyclone Pam sont toujours bien visibles. A l’aéroport, Yolande, son bébé entre les bras, regarde les militaires français décharger denrées alimentaires et matériel de secours. 

« J'ai plus de maison, plus d'eau, plus d'électricité. Je sais plus où prendre ma nourriture. Maintenant, je trouve plus rien. On m'a tout pris. Je dois replanter, je dois tout recommencer à zéro. »

L’angoisse retombe un peu chez les 35 000 habitants de Tanna, coupés de tout contact pendant cinq jours. L’urgence désormais, c’est de reconstruire et de trouver de la nourriture et de régler le problème de l'eau. Pour John Nicols, gérant d’un hôtel à Tanna, d’ici deux jours, toutes les provisions seront écoulées. 

« Dans les magasins, on a acheté tout ce qu'on pouvait. L'eau est contaminée, donc on peut pas boire l'eau. On commence à avoir un peu mal au ventre parce qu'on mange des légumes, des fruits et de la viande un peu trop vieille. On se sent tellement isolé, c'est incroyable le feeling. Y a plus rien, y a plus rien, tout est parti, y a plus rien... Le soir on se couche, on a une chandelle puis c'est tout... y a personne. »

Le bilan provisoire est de onze morts, dont cinq sur Tanna. Mais le décompte sera long. De nombreux villages de l’archipel n’ont toujours pas reçu de visites.

A  Port-Vila, on attend le feu vert du gouvernement

Dans la capitale, les 49 centres d'hébergement d'urgence sont toujours ouverts, en attendant que le gouvernement donne son feu vert à la distribution de l'aide internationale - bâches, matériel de réparation, nourriture, eau. 

De nombreuses ONG sont présentes, aux côtés des agences onusiennes, et la coordination avec le gouvernement est lente et difficile. Ces 49 centres ne comptent que quelques centaines de réfugiés, car les places sont limitées à ceux dont la maison a été totalement soufflée.

L'école du bidonville de Seaside Tangao a été transformée en centre d'hébergement d'urgence. Dans l’entrée, des sacs de riz sont entreposés mais les réfugiés n’ont pas encore le droit d'y toucher. Tom est le président du comité du centre : « Ça, ça vient de Save the Children, mais on attend une livraison supplémentaire du gouvernement, et ensuite seulement on commencera à distribuer. » 

Evelyne, comme les autres réfugiés, prend son mal en patience : « Des travailleurs humanitaires sont venus nous voir, ils ont noté nos besoins, mais on voit toujours rien venir. » 

A Port-Vila, le marché est fermé depuis une semaine car le cyclone a détruit une large partie des cultures les gens sont obligés d'acheter de la nourriture importée et un certain nombre de magasins ont dû fermer à cause des dégâts causé par le cyclone. Les habitants sont obligé d'improviser, explique Laure Chabrolle, de l'ONG Save the Children.

« Le problème c'est le ravitaillement dans les magasins. Il y a aussi des gens qui ont quand même perdu beaucoup et donc ils ont financièrement des difficultés à assumer d'acheter à manger, de devoir peut-être s'acheter des habits ou de récupérer une tôle pour compléter le trou qu'il y a dans leur maison. »

Et l’eau courante n’a toujours pas été rétablie dans certains quartiers de Port-Vila.

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