France/Indonésie

Hollande appelle l'Indonésie à ne pas exécuter Serge Atlaoui

Serge Atlaoui aux côtés de son avocate indonésienne Nancy Yuliana, lors d'une audience près de Jakarta le 1er avril 2015.
Serge Atlaoui aux côtés de son avocate indonésienne Nancy Yuliana, lors d'une audience près de Jakarta le 1er avril 2015. AFP PHOTO / ROMEO GACAD

A Jakarta, en Indonésie, le ressortissant français Serge Atlaoui a désormais épuisé toutes les voies de recours. Emprisonné depuis dix ans, il avait été condamné à mort en 2007 pour trafic de drogue. La famille du condamné en appelle au président Hollande et à l'UE. La diplomatie française, qui a convoqué pour ce mercredi après-midi 22 avril l'ambassadeur d'Indonésie, espère un geste de clémence de la part des autorités indonésiennes. François Hollande a déclaré qu'une exécution de Serge Atlaoui serait « dommageable pour l'Indonésie ».

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La position du président indonésien Joko Widodo est claire : la lutte contre la drogue dans le pays est une priorité, explique notre correspondante à Jakarta Marie Dhumieres. Il faut une thérapie de choc pour faire face à ce problème, et cela passe par l’exécution des trafiquants de drogue. Qu’ils soient étrangers n’y change rien.

En janvier, cinq étrangers ont été exécutés. Huit autres, dont Serge Atlaoui, pourraient l’être très prochainement. Aucune date n’a été donnée pour l’instant, mais selon le porte-parole du procureur général, l’annonce pourrait être faite après la conférence de Bandung, qui se termine ce vendredi.

Peu d’espoir donc d’un changement de position du gouvernement indonésien, malgré les pressions internationales. L’Australie, dont deux ressortissants sont aussi sur la liste des prochaines exécutions, supplie l’Indonésie d’épargner ses ressortissants depuis des mois. Canberra a même proposé un échange de prisonniers, ou encore de payer les frais de prison à vie de ses ressortissants.

La diplomatie française espère toujours

Rien n'y fait. Le président Widodo, qui est largement soutenu par les Indonésiens sur ce dossier, reste déterminé et complètement sourd aux appels des gouvernements étrangers.

François Hollande a néanmoins lancé ce mercredi 22 avril « un appel » à l'Indonésie pour que Serge Atlaoui ne soit pas exécuté. Son exécution « serait dommageable pour l'Indonésie, dommageable pour les relations que nous voulons avoir avec elle », a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse à l'Elysée avec son homologue ukrainien, Petro Porochenko.

« Défendre Serge Atlaoui, c'est rappeler la ferme opposition de la France à la peine de mort », a commenté le Premier ministre français Manuel Valls ce mercredi sur Twitter. Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a convoqué l'ambassadeur d'Indonésie ce mercredi après-midi.
 

Quant à la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui était l'invitée de Mardi politique sur RFI la veille, elle garde l'espoir : « La France peut faire des pressions diplomatiques et c'est d'ailleurs le cas », explique-t-elle. Et de préciser : « Compte tenu de ces interventions au plus haut niveau, je pense que la France va obtenir satisfaction. En tout cas, il faut le souhaiter. »

Le président de la République française a appelé le président indonésien. Le ministre des Affaires étrangères a appelé aussi l'ambassadeur, a fait savoir que la France était extrêmement attentive au sort de notre compatriote, et je crois que ces pressions vont continuer, parce que bien évidemment, comme l'a dit Laurent Fabius, la France est contre la peine de mort et ne peut pas tolérer que l'un des siens subisse ce châtiment

Ségolène Royal, ministre française de l'Ecologie

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