Népal

Au Népal, la terre n'en finit pas de trembler

Au Népal, ls sauveteurs s'activent pour sortir des décombres vivants et morts dont il faut procéder à l'identification.
Au Népal, ls sauveteurs s'activent pour sortir des décombres vivants et morts dont il faut procéder à l'identification. REUTERS/Adnan Abidi

Des temples effondrés, des bâtiments en ruine, des routes fissurées, des milliers de victimes… Le Népal a été victime d'un violent séisme de 7,9 sur l'échelle de Richter, hier, à 80 kilomètres de la capitale Katmandou. Peu à peu l’aide aux victimes coincées sous les décombres se met en place mais l’ampleur de la catastrophe est telle que l'urgence est partout d'autant que la terre continue à trembler.

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  • Le séisme de magnitude 7,9 a eu lieu hier, samedi 25 avril, à 12h10 (heure locale)
  • Depuis, plusieurs répliques ont eu lieu, la plus importante ce dimanche (6,7)
  • Le dernier bilan est de plus de 2 000 personnes tuées et près de 5 000 blessées
  • Les secousses qui ont touché la région de Katmandou, la capitale, ont été ressenties jusqu’au nord de l’Inde et au Pakistan
  • Une cordée internationale sur l’Everest a été emportée par une avalanche déclenchée par le séisme. Dix-huit personnes au moins ont perdu la vie selon les autorités
  • le Népal compte quelque 30 millions d'habitants et est l'un des dix pays les plus pauvres au monde

avec agences et nos correspondants,

Ecoutez le témoignage d'Orlan Fagan, d'OCHA

A peine relevé du séisme d'hier, le Népal a été de nouveau ce dimanche secoué par une violente réplique de magnitude 6,7 qui a été ressentie jusqu’en Inde, à New Delhi rapporte notre correspondant Antoine Guinard

Au Népal, les secouristes, parfois improvisés, s'activent toujours dans les zones touchées à dégager les blessés et les morts et déblayer les gravats parfois à mains nues. Comme l'explique Orlan Fagan, porte-parole pour la région Asie Pacifique du Bureau de la Coordination humanitaire au sein des Nations Unies jointe par RFI, il faut faire vite pour éviter le déclenchement de maladies graves telles que les diarrhées ou le choléra. Mais la terre qui continue de trembler, fragilisant les édifices déjà mis à mal par la violente secousse de samedi ne favorise pas le travail des sauveteurs alors que l'espoir de retrouver des survivants s'estompe au fil des heures.

Pour Marino Fernandez, porte parole de l'ONG Action Contre la Faim, le Népal doit faire face à une crise humanitaire majeure et un million de personnes au moins serait d’ores et déjà touché par cette catastrophe. Les équipes de l’ONG au Népal décrivent un chaos généralisé, un grand nombre de blessés et d’enfants perdus, des routes coupées, le manque d’eau potable, de nourriture, d’abri et de soins.

Il faut aussi fournir un abri à ceux qui ont perdu leur maison. Au Népal, pays pauvre, de nombreuses maisons sont en bois. Des milliers d'habitants de Katmandou ont passé la nuit dernière dehors, dans le froid, sous la pluie pour éviter l'effondrement de nouveaux bâtiments en raison des répliques. Le gouvernement népalais installe des tentes, ouvre des écoles et des bâtiments publics pour accueillir les sinistrés. Car les hôpitaux, eux, sont saturés et les soins se font sous des tentes, à l'extérieur. « L’urgence c’est soigner les blessés, explique Laurent Sury, responsable des urgences à MSF France. Les premiers secours, les vies sauvées, les sauveteurs, ce sont la population locale, ce sont eux qui peuvent intervenir rapidement, certes avec peu de moyens ».

On a peu d'information encore sur la situation dans les villages proches de l'épicentre à quelques 80 km de Katmandou. « C'est tout le pays qui est touché », a déclaré l'un des responsables de l'ambassade du Népal à New Delhi. D'où la difficulté pour les autorités népalaises à évaluer leurs besoins aussi les ONG se servent-elles de leur expérience de terrain pour estimer les besoins. « On s’est basé un peu sur les chiffres qui étaient en notre possession, précise Gilbert Potier, directeur opérationnel de Médecins du Monde, c'est-à-dire que pour des tremblements de terre de même magnitude, il y avait eu un peu près entre 5 000 et 20 000 morts et avec, à peu près, entre deux et cinq fois plus de blessés ».

Au camp de base du Mont-Everest, en partie détruit par une avalanche provoquée par le séisme, plusieurs hélicoptères ont atterri ce dimanche. 18 corps ont été retrouvés, un bilan qui pourrait encore s'alourdir dans les heures à venir.

L’aide internationale se met en place

Hier samedi, le gouvernement népalais évoquait une situation de crise. « Nous allons avoir besoin d'un énorme soutien et de beaucoup d'aide », a lancé le ministre népalais de l'Information. Un appel auquel plusieurs pays ont déjà répondu. Les Etats-Unis ont promis, via leur agence USAid,  le déblocage d'un million de dollars pour répondre aux besoins urgents et vont envoyer une équipe de secouristes, rapporte notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.

L'Inde, où les secousses ont aussi été ressenties dans le nord du pays et ont fait plusieurs dizaines de morts, a envoyé du matériel médical et des équipes de secoursà bord de deux avions, rapporte notre correspondant à New Delhi, Antoine Guinard. L'armée indienne a également évacué cinq cents de ses ressortissants du Népal. Même réponse du côté du voisin pakistanais qui a acheminé de l'aide, et des pays de l'Union européenne comme la Grande-Bretagne, ou encore de la France qui va envoyer une mission dans les prochaines heures : le ministère français des Affaires Etrangères, en coordination avec les ONG françaises, enverra aujourd’hui ou demain en fonction des possibilités d’accès, des secouristes, des aliments énergétiques et du matériel : des pompes à eau et des équipements d’assainissement. L'Australie, elle, annonce ce dimanche matin une aide exceptionnelle de 5 millions de dollars.

Des ONG comme Oxfam, la Croix Rouge, Médecins du Monde ou encore Action contre la faim ont dépêché des équipes sur place et coordonnent leur action.

 

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