Népal

[Reportage] Népal: l’aide humanitaire attendue dans les zones isolées

Un enfant est secouru par un soldat népalais près de Chautara, le 30 avril.
Un enfant est secouru par un soldat népalais près de Chautara, le 30 avril. REUTERS/Olivia Harris

Au Népal, la situation humanitaire reste très préoccupante plus d’une semaine après le tremblement de terre qui a ravagé le pays et causé la mort d'au moins 7 200 personnes . C’est le cas en particulier dans la région de Sindhupalchok, la plus violemment touchée par le séisme. Une région isolée, qui commence tout juste à recevoir l’aide humanitaire dont elle a besoin.

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Avec nos envoyés spéciaux au Népal dans la petite ville de Chautara, Richard Riffonneau et Daniel Vallot

C’est sur un brancard, et encadrée par des policiers et des soldats népalais qu’elle arrive au poste de secours. Cholakumari habite l’un de ces villages, coupé du monde depuis plus d’une semaine. Elle a perdu sa maison dans le tremblement de terre, et c’est la première fois depuis le drame qu’elle reçoit des soins médicaux :

« J’ai des douleurs à la tête et aux jambes, et je ne peux plus marcher. C’est la police qui m’a amenée ici, ils m’ont portée depuis mon village et puis ils m’ont emmenée dans une voiture. Mais il y a encore beaucoup de gens là-haut qui n’ont pas vu de docteur et qui ont besoin de soins », témoigne Cholakumari.

Dans un coin de la tente, le Docteur Nikee Shrestha essaie de mettre un peu d’ordre dans les boîtes de médicaments jetés à la hâte sur une table brinquebalante. Depuis le tremblement de terre, elle n’a quasiment pas cessé de soigner les blessés venus des villages alentour : « Chaque jour, nous recevons entre 150 et 200 personnes. C’est le minimum. Nous avons trois lits, mais ça fait seulement trois jours que nous les avons. Avant, on soignait les gens à même le sol. »

Ce lundi un hôpital de campagne de la Croix-Rouge norvégienne doit prendre le relais des médecins népalais. L’aide internationale arrive enfin à Chautara mais elle mettra encore beaucoup de temps à parvenir aux villages situés plus au Nord. Des villages qui restent aujourd’hui encore totalement coupés du monde extérieur.

Ecoutez le reportage de nos envoyés spéciaux


Des personnes « dans une situation désespérée là-haut »

Au Népal, notamment dans la province de Sindhupalchok au nord de la ville de Chautara, où plusieurs dizaines de milliers de personnes ont perdu leurs maisons, restent quasiment coupées du monde. L’aide humanitaire s’organise, mais elle peine à parvenir dans les villages les plus isolés.

Vivian Paulsen, de la Croix-Rouge norvégienne, interrogée sur place par nos envoyés spéciaux au Népal, Richard Riffonneau et Daniel Vallot :

« Ils sont isolés et ils ne reçoivent pas beaucoup d’aide. L’armée népalaise est en train d’évacuer les gens, mais nous ne savons pas ce qu’ils ont reçu en termes de nourriture, d’eau. Ce que nous savons c’est que la plupart des maisons se sont effondrées. Nous savons qu’il s’agit de la zone la plus durement touchée par le tremblement de terre : 200 000 personnes sur les 300 000 qui vivent dans la province ont été touchées. C’est donc un désastre absolu pour les gens qui vivent ça !

Je sais que la Croix-Rouge népalaise a pu organiser des distributions, mais je ne pense pas que les villages les plus éloignés ont pu obtenir l’aide dont ils ont besoin.

C’est une crise humanitaire très grave pour ces habitants isolés. Bien sûr, ils ont peut-être des réserves pour se nourrir, et ils peuvent s’entraider entre voisins. Mais vous savez, ce n’est pas possible de se faire aider par son voisin, quand on est dans un village où toutes les maisons ont été détruites ! Donc je pense qu’il y a des gens qui sont dans une situation désespérée là-haut. »

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge distribuent des tablettes purifiantes pour l'eau à Bhaktupur, à l'est de Katmandu, le 30 avril.
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge distribuent des tablettes purifiantes pour l'eau à Bhaktupur, à l'est de Katmandu, le 30 avril. AFP PHOTO / Palani Mohan / International Federation of Red Cross

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