Népal

[Reportage] Népal: la détresse des villageois du Sindhupalchok

Maison détruite dans le village de Chautara, dans le district de  Sindhupalchok au nord de Katmandou. Une région particulièrement meurtrie par le séisme du 25 avril.
Maison détruite dans le village de Chautara, dans le district de Sindhupalchok au nord de Katmandou. Une région particulièrement meurtrie par le séisme du 25 avril. AFP/Philippe Lopez

Au Népal la situation humanitaire reste très préoccupante plus d’une semaine après le tremblement de terre qui a ravagé le pays. C’est le cas en particulier dans la région de Sindhupalchok, la plus violemment touchée par le séisme. Une région montagneuse et isolée qui commence tout juste à recevoir l’aide humanitaire dont elle a besoin.

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Avec nos envoyés spéciaux à Chautara, Richard Riffonneau etDaniel Vallot

Une masse compacte s'est formée autour des deux camions garés sur le bas côté de la route. La foule se presse autour des bénévoles népalais qui organisent la distribution.

C'est la première fois que ces villageois reçoivent une aide alimentaire depuis le séisme. « Ils m'ont donné du riz et un peu de nouilles, il y a un demi-kilo par personne. Ce n'est vraiment pas grand-chose, comparé à nos besoins ». Autour des camions des soldats en armes assurent la sécurité de la distribution. Une présence nécessaire aux yeux des bénévoles népalais. « On a pas eu de tensions, pas de problèmes, explique l’un d’entre eux, mais s'ils n'avaient pas été là, ça aurait pu mal tourner. Les gens peuvent se battre eux, ou nous agresser ceux qui n'ont rien reçu peuvent s'énerver et devenir dingues ! » Autour des camions la tension commence à monter. Les bénévoles n'ont plus rien à donner, et plusieurs dizaines de personnes vont devoir repartir les mains vides.

Une aide insuffisante au regard des besoins et mal distribuée

Les villages de cette zone sont dispersés dans la montagne. Nombre d’entre eux se trouvent à plusieurs heures de marche de la route qui achemine l’aide humanitaire. Les sinistrés doivent donc se déplacer eux-mêmes pour essayer de glaner des renseignements. Lorsqu’enfin ils vont sur la route, « lorsqu’enfin nous apprenons qu’il va y avoir une distribution – expliquait à RFI l' un de ces villageois – eh bien nous arrivons trop tard et nous repartons les mains vides ».

Les habitants du Sindhupalchok doivent bien souvent se contenter, lorsque cette aide leur parvient enfin, de quelques bâches pour faire des abris et de quelques kilos de riz pour se nourrir. C’est largement insuffisant au regard des dommages effroyables subis par ces villageois. Des villageois qui déplorent en outre la façon dont cette aide est distribuée.

Ce ne sont pas les organisations humanitaires ou les autorités népalaises à Katmandou qui sont cependant pointées du doigt, mais bien souvent les autorités locales accusées de ralentir les distributions pour des questions de procédures, de formalités administratives. Des autorités locales accusées également de favoriser certains villages, certaines familles en fonction d’intérêts politiques ou communautaires.

Cultures en terrasse et maisons détruites dans la région de Chautara, au nord de Katmandou.
Cultures en terrasse et maisons détruites dans la région de Chautara, au nord de Katmandou. REUTERS/Olivia Harris

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