Nepal / Catastrophes naturelles

Népal: un mois après le séisme meurtrier, le pays craint la mousson

Plus d'un demi-million de logements ont été détruits dans le séisme qui a touché le Népal, le 25 avril 2015.
Plus d'un demi-million de logements ont été détruits dans le séisme qui a touché le Népal, le 25 avril 2015. REUTERS/Navesh Chitrakar

Un mois jour pour jour s'est écoulé depuis le terrible séisme qui a dévasté le Népal. Selon un dernier bilan, ce sont plus de 8 600 personnes qui ont perdu la vie dans le tremblement de terre. Plus d'un demi-million de logements ont été détruits. Un mois après la tragédie, un grand nombre de Népalais continuent de vivre hors de leurs maisons par crainte des secousses et d'un nouveau séisme.

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Un mois s'est écoulé depuis le séisme qui a frappé le pays, mais à intervalles réguliers, des secousses violentes viennent rappeler aux Népalais le cauchemar qu'ils ont vécu. Le 12 mai, c'est même un nouveau séisme qui a secoué le pays, suscitant la panique parmi les habitants.

« Il y a beaucoup de gens qui vivent à l'extérieur. Et depuis le dernier tremblement de terre, les gens qui étaient rentrés chez eux sont retournés dehors... En plus, il y a des rumeurs sur l'imminence d'un autre séisme. Beaucoup de gens y croient, ils ont peur, et du coup ils dorment sous des tentes... », explique Shivatmika, une jeune habitante de Katmandou.

La mousson va venir compliquer la reconstruction

La situation est d'autant plus inquiétante que la mousson approche au Népal. Dans quelques semaines, ce sont des pluies diluviennes qui vont s'abattre sur le pays. « Les gens ne vont pas pouvoir rester dans les tentes qu'on leur a données, car ces tentes ont déjà des fuites. Il y a des ONG qui ont commencé à distribuer des toits en métal et à prévoir des abris temporaires pour la mousson, mais ce ne sera pas suffisant », s’alarme Shivatmika.

Un constat partagé par le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Népal, Jamie McGoldrick. « Avant que les conditions ne se dégradent, nous devons envoyer de la nourriture et du matériel pour la construction d'abris dans les régions éloignées et améliorer la logistique pour les zones les plus difficiles à atteindre », a-t-il expliqué.

Un soutien sur le long terme

Selon les Nations unies, plus de 8 millions de Népalais vont avoir besoin d'une aide humanitaire dans les prochains mois. Si plus de 20 pays participent aux opérations d'aide, les agences humanitaires ont toujours des difficultés à faire face aux besoins et l'ONU a annoncé n'avoir recueilli qu'un cinquième des 380 millions d’euros nécessaires à l'acheminement de cette aide aux sinistrés népalais.

Et selon le gouvernement, la tragédie a déjà coûté quelque 10 milliards de dollars au Népal, soit la moitié de son PIB annuel, et paralysé le tourisme, crucial pour les revenus du pays, ce qui risque de compliquer la reconstruction.

Le Népal aura besoin d'un soutien de long terme, souligne de son côté Jamie McGoldrick. « Il faut une réponse à la hauteur pour les secours d'urgence, l'aide humanitaire mais aussi la reconstruction si l'on veut réussir à reconstruire les vies des gens. »

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