Afghanistan

Afghanistan: le mollah Omar juge «légitimes» les pourparlers de paix

Insurgés talibans et leurs armes capturés par les forces de sécurité afghanes, en décembre 2012.
Insurgés talibans et leurs armes capturés par les forces de sécurité afghanes, en décembre 2012. REUTERS/ Parwiz

C'est la première fois que le mollah Omar, le chef des talibans afghans actuellement en exil, s'exprime depuis la prise de contact entre les talibans et le gouvernement afghan la semaine dernière. Dans un message diffusé sur le site officiel des rebelles talibans, il juge « légitimes » les pourparlers de paix.  

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Le mollah Omar souligne que « parallèlement au jihad armé, les efforts politiques et la voie pacifique constituent un principe islamique légitime ». Pas de référence explicite aux discussions de la semaine dernière, mais tout le monde aura compris l'allusion. Et l’annonce est d’importance. Le chef des talibans se joint d’une certaine manière aux grandes capitales et à l’ONU qui avaient salué l'évènement. Jusqu’ici, le mollah Omar avait toujours affirmé que si les talibans devaient négocier, ce serait avec les Etats-Unis, pas avec le gouvernement afghan.

Or les Américains se sont en grande partie retirés d’Afghanistan, et les attaques continues des rebelles, treize ans après le début de la guerre, leur permettent d’être en position de force lors d’éventuelles négociations avec Kaboul. Cette stratégie n’est pas forcément du goût de tous les talibans. Depuis plusieurs mois, certains rejoignent le groupe Etat islamique (EI) qui avance dans l’est du pays. Ces dernières semaines, les deux entités se sont violemment combattues.

Le mollah Omar parle d'ailleurs dans son message d’un groupe « abîmant le front du jihad ». Une réponse à la fatwa publiée en début de semaine par le groupe Etat islamique, qui l’accuse de ne pas vouloir la création d’un califat mondial et de n’être qu’un chef nationaliste uniquement intéressé par l’Afghanistan. De fait, la reconnaissance par le mollah Omar de ces négociations pourrait jeter les talibans qui les refusent dans les bras du groupe Etat islamique.

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