Hong Kong

Le commerce d’ivoire à Hong Kong menace la survie des éléphants

Des douaniers thaïlandais se tiennent derrière un stock saisi de défenses d'ivoire, à Bangkok en Thailande, le 27 avril 2015.
Des douaniers thaïlandais se tiennent derrière un stock saisi de défenses d'ivoire, à Bangkok en Thailande, le 27 avril 2015. Reuters/路透社
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le commerce illégal de l’ivoire à Hong Kong précipite l’extinction des éléphants en Afrique s’alarme l’ONG Save the Elephants, dans un rapport publié au Kenya ce jeudi. Plus de 30 000 éléphants sont massacrés chaque année pour satisfaire la demande d’ivoire en Chine et en Asie du Sud-Est. Un marché qui passe en grande partie par Hong Kong.

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Par Laetitia Bezain

Hong Kong est l’une des plus importantes plaques tournantes de l’ivoire après le Kenya et la Tanzanie. Historiquement, Hong Kong est l'un des plus célèbres centres de sculpture sur ivoire au monde. Selon les estimations, 70 % de l’ivoire qui quitte l’Afrique arrive en Chine et 90% des acheteurs d'ivoire à Hong Kong se trouvent sur le continent chinois. Dans la région, le kilo d'ivoire s'échange à plus de 1 800 euros.

Officiellement, la vente d’ivoire est interdite depuis 1989 pour protéger les éléphants menacés. Mais Hong Kong autorise la vente d'objets en ivoire issus des stocks officiels constitués avant l'interdiction. Les clients peuvent donc acheter de l'ivoire à Hong Kong mais seulement s'il provient de ces stocks anciens. Autre régulation, ce commerce est destiné uniquement au marché insulaire.

Un commerce difficile à stopper

En Asie, le commerce de l'ivoire ne connait pas de crise. Les clients sont toujours avides de l'or blanc importé d'Afrique et la hausse du niveau de vie ne fait qu'augmenter la demande. « Les éléphants africains sont massacrés en masse, mais le gouvernement de Hong Kong ferme les yeux », estime Alex Hofford, de l’organisation WildAid.

« Depuis l’interdiction internationale instituée il y a 25 ans, les commerçants d’ivoire de Hong Kong blanchissent de l’ivoire braconné, provenant d’éléphants tués illégalement, en l’introduisant dans leurs stocks », déplore-t-il. La dernière inspection des autorités hongkongaises, en 2014, n'a d'ailleurs révélé aucun commerce illégal.

A Hong Kong, les transactions illégales d'ivoire sont sanctionnées par une amende maximum de 500 000 euros mais la plupart du temps ces amendes sont beaucoup plus basses. Elles vont de 2000 à 7000 euros. Les peines de prison, quant à elles, vont de trois à six mois en fonction de la gravité du délit.

100 éléphants tués par jour

« A moins d’une interdiction du commerce d’ivoire à Hong Kong, l’île va continuer à représenter une menace majeure à la survie de l’espèce », avertit Iain Douglas-Hamilton, fondateur de Save the Elephants.

Au Tchad, la population d'éléphants a diminué de plus de la moitié, passant de 4 000 individus en 2006 à environ 1 500 aujourd’hui. Au Kenya, dans le parc national de Tsavo, on en dénombre actuellement 11 000 contre 35 000 il y a vingt ans. Au total, 37 pays africains sont touchés par le braconnage. Ce braconnage entraîne la mort de près de 100 éléphants par jour sur l’ensemble du continent, selon les ONG.

Le trafic est souvent organisé par des gens haut placé. Il serait trop difficile pour des braconneurs locaux d'organiser ces réseaux criminels très sophistiqués, vendre l'ivoire puis le faire partir par le port de Mombasa au Kenya ou celui de Dar es Salaam en Tanzanie, sans l'aide d'officiels de l'Etat. C'est tout le problème de la corruption.

Lucy Vigne, coauteure du rapport de l'ONG Save the elephants sur le commerce illégale d'ivoire

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