Japon

Japon: adoption de lois sécuritaires controversées

Des forces de l'armée de terre japonaise lors d'un exercice avec des hélicoptères à Gotemba, le 19 août 2014.
Des forces de l'armée de terre japonaise lors d'un exercice avec des hélicoptères à Gotemba, le 19 août 2014. AFP PHOTO / TOSHIFUMI KITAMURA

La Chambre basse du Parlement a adopté jeudi 16 juillet les projets de loi dits de sécurité. Ce sont des textes très controversés destinés à rendre possible l’envoi à l’extérieur de troupes japonaises pour venir en aide à un allié, notamment les Etats-Unis. Mais ces projets de loi sont considérés comme contraires à la Constitution pacifiste du Japon. Pour l’heure, ils doivent encore être débattus par la Chambre haute pendant un maximum de 30 jours avant d’être soumis au vote.

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Avec notre correspondant à Tokyo,  Frédéric Charles

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est accusé par l’opposition de tourner les dispositions pacifiques de la Constitution afin d’accroître le rôle militaire du Japon à l’étranger, de participer à des alliances collectives aux côtés des Etats-Unis, de venir en aide à des alliés même s’il n’est pas lui-même attaqué.

Le parti conservateur au pouvoir a réinterprété la Constitution pacifiste, pour permettre au Japon de partager avec les Etats-Unis la responsabilité de la sécurité en Asie de l’Est, face à la montée en puissance de la Chine.

Au terme de l’article 9 de la Constitution pacifiste, le Japon renonce à jamais à la guerre pour résoudre des conflits et les « forces d’autodéfense japonaises », le nom officiel de l’armée, ne peuvent intervenir que face à une attaque directe sur le territoire japonais.
Alors, si la Chambre haute rejette ou modifie les projets de loi du gouvernement, la Chambre basse peut revenir à la charge et les imposer avec une majorité des deux tiers.


■ Une réaction à Pékin

L'adoption des projets de loi réinterprétant la Constitution pour renforcer le rôle militaire du Japon sur la scène internationale est un « acte sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale », selon Mme Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise. « Il est parfaitement légitime de demander si le Japon va renoncer à sa politique exclusivement tournée vers sa défense, et quitter sa trajectoire de développement pacifique », assure la porte-parole.

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