Thaïlande / Terrorisme

Thaïlande: incertitudes sur les auteurs de l’attaque à Bangkok

Sur les lieux de l'attentat à Bangkok, des agents des forces de sécurité recueillent des indices.
Sur les lieux de l'attentat à Bangkok, des agents des forces de sécurité recueillent des indices. REUTERS/Kerek Wongsa
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Dix-neuf morts et plus d'une centaine de blessés, c'est le dernier bilan de l'explosion d'une bombe lundi soir à Bangkok en Thaïlande. Pour l'instant, l'attentat n'a pas été revendiqué. Les autorités thaïlandaises sont sur le pied de guerre mais elles ne semblent pas en mesure de désigner les auteurs de l'attaque.

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Le ministre thaïlandais de la Défense a déclaré que les auteurs de l'attentat avaient clairement ciblé les étrangers, pour porter atteinte au tourisme et à l'économie du pays. « Nous allons les pourchasser », a-t-il lancé, d'un ton très ferme. Mais pour l'instant, les autorités de Bangkok sont réduites à des hypothèses. La violence de l'attentat ne fait pas de doute : trois kilos de TNT ont explosé et un dispositif électronique a été retrouvé à une trentaine de mètres du lieu de l'explosion. Il aurait pu servir à déclencher l'explosion.

Selon Sophie Boisseau du Rocher, chercheur à I'Institut français des relations internationales, dans cette attaque, plus que le secteur touristique, c'est l'image de la Thaïlande qui est en jeu. « Le secteur touristique est important mais n’est pas stratégique en Thaïlande par rapport à d’autres secteurs comme l’industrie ou les services. (…) C’est sur le plan symbolique qu’il faut peut-être chercher une réponse à ces questions parce que ces attentats jettent un nouveau discrédit sur la junte qui est au pouvoir depuis maintenant quinze mois et qui ne parvient pas à régler le problème. Au fond, c’est l’image de la Thaïlande qui est un peu plus écornée par ce terrible attentat », analyse-t-elle.

Pas de précédent à Bangkok

Mais qui donc a pu commettre cette attaque ? Une question à laquelle les autorités de Bangkok ont du mal à répondre, d'autant plus que l'attentat n'a pas été revendiqué et qu’il n'existe pas de précédent. Jamais une attaque à cette échelle n'a été commise dans la capitale thaïlandaise. En effet, les insurgés musulmans du sud du pays n'ont jamais attaqué Bangkok auparavant et il y a très peu de liens connus entre des factions thaïlandaises et des groupes terroristes comme l’organisation de l’Etat islamique.

Et si l'agitation politique interne a bien été la source de quelques attaques à la bombe, elles n’étaient pas de cette envergure. « La Thaïlande est toujours polarisée entre ceux qui soutiennent d’une part le gouvernement du général Prayuth Chan-ocha et ceux qui contestent les méthodes employées par la junte militaire. L’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra lui-même (…) a appelé l’opposition à rejeter le projet de Constitution qui doit être soumis au Conseil de la réforme nationale, le 7 septembre prochain. Un véritable bras de fer est en train de reprendre », décrypte Sophie Boisseau du Rocher. « De plus, alors que le général Prayuth Chan-ocha avait lui-même annoncé à grands cris qu’il voulait lutter contre la corruption et le népotisme, il a l’intention de nommer au poste très convoité de chef des armées son propre frère. Il y a véritablement deux points deux mesures et cette situation est de moins en moins tolérée par les Thaïlandais. Mais de là à dire que c’est l’opposition qui est derrière l’attaque, il faut rester très prudent », conclut-elle.

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