Afghanistan / France

Les ex-interprètes afghans de l’armée française livrés à eux-mêmes

Le contingent français du corps expéditionnaire Lafayette en Afghanistan.
Le contingent français du corps expéditionnaire Lafayette en Afghanistan. (CC) Task Force Lafayette

En Afghanistan, d'anciens interprètes de l'armée française, qui se disent menacés dans leur pays et dont une première demande de visa n'avait pas abouti, avaient manifesté en mars dernier devant l'ambassade de France. Depuis, Paris s'est engagé à réexaminer leur cas, et l'ambassade a commencé à délivrer quelques visas supplémentaires. Malgré cela, à l'heure actuelle, rien n'a été mis en place pour les accueillir une fois en France.

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Avec notre correspondant à Kaboul, Joël Bronner

A côté de sa grosse valise et de son sac de voyage, Ziaullah se sent perdu. Agé de 27 ans, il a travaillé quatre ans en tant qu’interprète de l'armée française en Afghanistan. Lui qui n'a jamais mis un pied en France sera ce mardi matin àl'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, sans savoir encore où il pourra dormir.

L'administration française a jugé fondées les menaces le visant et lui a délivré un visa valable trois mois. Un mois plus tard, il a donc décidé de prendre un billet d'avion, malgré l'absence de la moindre garantie à son arrivée, de la part de Paris ou de l'ambassade. « Il m'a donné le visa, j'ai demandé : "Je n’ai pas d'autres choses ? Ou quelqu'un qui m'accueille ?' Il m'a dit : "Non, je ne sais pas, ce n’est pas ma responsabilité. C'est mon travail que je te donne le visa c'est tout. C'est toi qui décides". On décide quoi ? J'ai dit que je ne connaissais personne en France. Dès que j'arrive, je dors sur la route ou dans le parc ? Je vais où ? », s'inquiète-t-il

Quelques minutes avant son départ, Ziaullah fait ses adieux à sa tante chez qui il vit. Tous deux se laissent submerger par l'émotion. « D'un côté, je suis content de sauver ma vie. D’un autre côté, je suis très, très triste. Je quitte ma maison, je quitte mon pays, je quitte mes parents. Ce n'est pas facile », confie-t-il, en pleurs.

Comme Ziaullah, plusieurs anciens interprètes afghans de l'armée française viennent de recevoir un de ces visas dont ils rêvaient tant. Mais en l'absence d'accueil organisé en France, ils ne savent pas bien pour l'instant quoi en faire.

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