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Chine

Chine: les victimes de la politique de l’enfant unique

Jiang Weimao et sa femme Zhang Yinxiu et la photo de leur petit garçon, décédé en 2010 des suites d'un diabète.
Jiang Weimao et sa femme Zhang Yinxiu et la photo de leur petit garçon, décédé en 2010 des suites d'un diabète. Reuters
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En Chine, les victimes de la politique de l’enfant unique sortent de l’ombre. En octobre, les autorités ont annoncé une réforme profonde mettant fin à l’interdiction d’avoir plus qu’UN seul enfant. Dorénavant, chaque couple qui le souhaite pourra en avoir deux. Depuis, de plus en plus de citoyens tentent de faire valoir leurs droits, se disant bafoués par les restrictions draconiennes qui ont été la règle pendant 30 ans.

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De notre correspondante à Pékin,

La loi du silence qui pesait sur les victimes de la politique de l'enfant unique semble désormais brisée. Entre les mères qui ont subi des avortements ou des stérilisations forcées, les enfants illégaux parce qu’ils sont nés hors plan, ou encore les parents, qui ont perdu leur seul enfant et qui peinent à subvenir à leur besoins, ce sont justement ces derniers, qui sont sortis de leur silence. Plusieurs centaines de parents en deuil ont osé protester devant les bureaux du Planning Familial. D’habitude, toute manifestation est dispersée par la police, mais pas cette fois-ci: les manifestants ont même eu droit à des articles dans la presse officielle. Les choses semblent donc bouger. Jusqu’à présent, les autorités avaient fait la sourde oreille à ces doléances des victimes de la politique de l’enfant unique.

Les parents seuls réclament une aide accrue de l"Etat

Ils sont environ un million et ils réclament l’aide de l’Etat. Faute d’une retraite pour tous, ce sont les descendants qui s’occupent de leurs aînés. Mais si un couple n’a pas d’enfant, souvent, il n'a pas de retraite. Depuis 2013, Pékin accorde une rente à ces parents seuls – entre 25 et 50€ par mois. Les parents demandent l’augmentation de cette allocation et veulent que leurs droits soient inscrits dans une loi sur le planning familial qui devrait être amendée à la fin de ce mois. Le quotidien Global Times cite une mère qui a perdu son fils unique: « Nous voulons que le gouvernement assume sa responsabilité », dit-elle, « car nous avons obéi à la politique de l’enfant unique ».

Les enfants noirs

Il y a également les « enfants noirs », comme les Chinois les appellent, puisqu’ils sont nés comme 2ème ou 3ème enfant. Illégaux donc, ils n’ont donc jamais obtenu le « hukou », ce permis de résidence qui donne droit à aller l’école ou de bénéficier d’une protection santé. Le ministère de la Sécurité publique a récemment promis de reconnaître ces 13 millions de « citoyens sans droits ».

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