Accéder au contenu principal
Afghanistan

Bavure américaine à Kunduz: MSF revoit le bilan à la hausse

Une équipe de Médecins sans frontières devant l'hôpital de Kunduz, plus d'un mois après un bombardement meurtrier de l'aviation américaine.
Une équipe de Médecins sans frontières devant l'hôpital de Kunduz, plus d'un mois après un bombardement meurtrier de l'aviation américaine. AFP PHOTO / Najim RAHIM
Texte par : RFI Suivre
3 min

Le bilan du bombardement américain en octobre sur l'hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, est revu à la hausse. L'organisation humanitaire ne parle désormais plus de 30 mais de 42 morts, victimes d'un bombardement américain début octobre.

Publicité

Le raid américain mené le 3 octobre contre l'hôpital en pleine offensive des talibans sur la ville de Kunduz avait entraîné la fermeture de l'établissement et une avalanche de critiques venues du monde entier.

Selon MSF, l'hôpital a été la cible pendant plus d'une heure d'un AC-130, un raid meurtrier qui a brûlé des patients dans leur lit et en a décapité et amputé d'autres. Le premier bilan faisait état de 30 morts, mais « aujourd'hui, le bilan s'élève à 42 morts, [dont] 14 de nos collègues, 24 patients et 4 accompagnateurs de patients », précise Stéphane Roques, le directeur général de Médecins sans frontières à Paris, contacté par RFI.

« Lors de cette tragédie, l'hôpital a été totalement détruit, explique-t-il. Il y avait un amoncellement de corps et on a retrouvé des victimes encore quelques jours plus tard sous les débris. D'autre part, du fait des incendies et de cette attaque, il n'était pas évident d'identifier tous les corps. Il y a eu un très très gros travail de fait par les équipes. »

Une bavure assumée par Washington

Le Pentagone a reconnu fin novembre que le raid avait été causé « avant tout par l'erreur humaine », promettant d'indemniser les victimes. Une version rejetée par MSF, selon qui, au-delà des erreurs, il y a eu « des violations du droit de la guerre ». D'ailleurs, le directeur général de Médecins sans frontières à Paris ajoute que l'ONG réclame toujours « une enquête internationale neutre et indépendante ».

Une démarche soutenue par l'ONU, assure-t-il, et qui viserait à déceler si l'attaque peut être qualifiée de crime de guerre, « une qualification forte de sens, estime Stéphane Roques. Nous souhaitons également avoir accès à une enquête américaine qui aujourd'hui est bien sûr confidentielle, de manière à avoir un éclairage sur cette tragédie et que l'on puisse réellement comprendre ce qui s'est passé ». Le Parlement européen avait également demandé une enquête indépendante fin novembre, après le rapport d'enquête du Pentagone.

Demande d'une enquête indépendante

Médecins sans frontières a remis mercredi 9 décembre à la Maison Blanche une pétition signée par « plus de 547 000 personnes » pour réclamer une enquête indépendante, rapporte l'Agence France-Presse. La pétition appelle le président Barack Obama « à consentir à une enquête » menée par la Commission internationale humanitaire d'établissement des faits (CIHEF), un organisme créé pour enquêter sur d'éventuelles violations du droit international humanitaire. Ce dispositif prévu par le droit international n'a jamais été utilisé. Cela nécessiterait un accord des Etats-Unis et de l'Afghanistan, mais aucun des deux pays n'a accepté jusque-là.

Un rapport publié par l'ONU samedi 12 décembre fait état d'un nombre de victimes trois fois plus élevé qu'initialement estimé lors des combats dans cette capitale provinciale, verrou stratégique sur la route du Tadjikistan. Le rapport fait état d'un bilan préliminaire de« 848 civils touchés, dont 289 morts et 559 blessés, dans la province de Kunduz entre le 28 septembre et le 13 octobre », ajoutant que « la vaste majorité de ces victimes ont été touchées lors de combats au sol qu'on ne peut attribuer à une seule partie ». Ce nouveau bilan de l'ONU ne prend pas en compte les victimes supplémentaires signalées samedi par MSF.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.