Chine/France

Chine: la journaliste Ursula Gauthier menacée d’expulsion

Pékin reproche à Ursula Gauthier un article du 18 novembre dernier dans lequel elle évoquait la répression au Xinjiang (photo)sous couvert de lutte contre le terrorisme,
Pékin reproche à Ursula Gauthier un article du 18 novembre dernier dans lequel elle évoquait la répression au Xinjiang (photo)sous couvert de lutte contre le terrorisme, Reuters
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Chine, la correspondante de L'Obs à Pékin, Ursula Gauthier, risque d’être expulsée d’ici à la fin de cette année. Une expulsion qui, si elle se confirme, serait pour le moins un très mauvais signe pour le travail des journalistes étrangers en Chine.

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Il reste une semaine à Ursula Gauthier. Faute du renouvellement de son visa, toujours bloqué, notre consœur devra quitter Pékin le 31 décembre au soir.

Si elle se confirme, cette expulsion constituerait une triste première pour un journaliste français accrédité en Chine. Le pouvoir chinois a l’habitude de jouer avec les nerfs des correspondants étrangers et cette fois, il semble décidé à aller jusqu’au bout. « J’aurais dû prendre un vol mercredi pour rentrer pour Noël et je n’ai pas pu. Je n’ai pas de réponse et je dois quitter les lieux au 31 décembre. Je vais passer le réveillon du Nouvel An à l’aéroport », raconte-t-elle.

Ursula Gauthier garde le sourire et le moral. Elle a pour avantage de parler parfaitement le mandarin et de bien connaître le fonctionnement des autorités communistes. Pékin lui reproche un article du 18 novembre dernier dans lequel elle évoquait la répression au Xinjiang sous couvert de lutte contre le terrorisme, ce qui a déclenché les foudres de la presse officielle, et notamment des attaques ad nominem du très nationaliste Global time.

Comme du temps de la révolution culturelle, les autorités chinoises exigent une autocritique publique pour des propos qui n’ont pas été tenus. « A chaque fois, ils m’ont dit que je devais faire des excuses publiques, parce que j’avais blessé les sentiments du peuple chinois ». La mobilisation de l’ambassadeur français en Chine n’y a pour le moment rien fait. On est plus dans une logique de persuasion que dans la confrontation, confie une source proche du Quai d’Orsay. Difficile de persuader un mur.

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