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Chine

Chine: une nouvelle loi antiterroriste très controversée

Utilisateurs d'internet en Chine. Les agences de sécurité chinoises veulent tout savoir sur tout le monde.
Utilisateurs d'internet en Chine. Les agences de sécurité chinoises veulent tout savoir sur tout le monde. Photo: Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Chine, l'Assemblée nationale populaire – qui fait office de Parlement – adopte ce dimanche 27 décembre 2015 une nouvelle loi antiterroriste. Le texte est controversé, notamment pour son chapitre électronique accusé de menacer les libertés individuelles. Les Etats-Unis ont déjà fait part de leur opposition à cette nouvelle loi.

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Avec notre correspondante en Chine, Delphine Sureau

Le point du texte qui inquiète les entreprises occidentales concerne l'accès aux données personnelles. Ce projet de loi anti-terroriste exige des groupes informatiques et internet qu'ils laissent le gouvernement chinois entrer dans leur système en installant des chevaux de Troie et en livrant à Pékin leurs clés de cryptage.

Savoir tout sur tout le monde

L'idée est que les agences de sécurité chinoises puissent, sans demande préalable, savoir tout sur tout le monde, avec la bénédiction des entreprises étrangères travaillant en Chine.

Aux Etats-Unis, IBM, Microsoft et d'autres ont déjà fait part de leur préoccupation. Barack Obama a même alerté le président Xi Jinping. Pékin a répondu que Washington devait plutôt l'aider dans sa lutte contre le terrorisme, notamment au Xinjiang, contre les séparatistes ouïghours.

Atteinte à la liberté d'expression

Les défenseurs des droits de l'homme – eux – critiquent une autre partie du texte. Celle-ci interdit les médias et les individus de couvrir les actes terroristes pour soi-disant empêcher un phénomène d'imitation. Pour Nicolas Bequelin, le directeur régional d'Amnesty International, il s'agit d'une atteinte à la liberté d'expression, d'autant plus que la définition du terme terrorisme proposée par le texte reste vague :

Ce projet de loi est extrêmement préoccupant.

Nicolas Bequelin, directeur régional d'Amnesty International

Pire encore, pour Jean-Luc Domenach, directeur de recherche émérite au CERI-Sciences Po, « c’est une loi qui vise à donner une allure légale à un contrôle de nature totalitaire. Il faut bien le dire. C’est absolument scandaleux. Le problème principal que pose cette loi, ce n’est pas seulement les Ouïghours, c’est surtout le droit qui est donné à la police finalement de connaître tout ce qui se passe sur le web. Tout ça est absolument scandaleux et témoigne d’une sorte d’effort pour légaliser un contrôle totalitaire. »

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