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Inde

Villes intelligentes: l'Inde investit et se transforme

Le gouvernement indien a promis d'investir près de 7 milliards d'euros pour améliorer les services publics tels que la distribution d'eau, d'électricité et les transports dans 20 villes.
Le gouvernement indien a promis d'investir près de 7 milliards d'euros pour améliorer les services publics tels que la distribution d'eau, d'électricité et les transports dans 20 villes. AFP PHOTO / ROBERTO SCHMIDT

Le gouvernement indien a donné jeudi 28 janvier le coup d'envoi de son énorme projet de développement de villes intelligentes, ou « smart cities » en anglais. Cent villes vont bénéficier d'importants investissements publics et privés pour développer leur connectivité aux réseaux internet, autant que pour améliorer les infrastructures de base.

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De notre correspondant à New Delhi,

Derrière ce nom très moderne de ville intelligente se cachent des besoins très primaires. Quasiment toutes les 100 villes sélectionnées ont plus d'un million d'habitants, et ont déjà énormément de problèmes d'infrastructures : quasiment aucune maison en Inde n'a un accès continu à l'eau courante municipale, et même dans les quartiers riches, on est obligé de la stocker dans des réservoirs situés sur les toits alors que dans les bidonvilles, on fait la queue lors de la livraison par camion-citerne.

De même pour l'électricité : à New Delhi, certains quartiers n'ont le courant que la moitié de la journée pendant les pics de consommation de l'été. Au bout de la chaîne, ces carences entraînent une grave pollution, car seulement 20 % des eaux usées urbaines sont retraitées avant d'être renvoyées dans les rivières. Et l'exode urbain ne fait que commencer : les deux tiers de la population indienne vivent encore à la campagne. Et selon le gouvernement, entre 20 et 30 personnes par minute vont migrer en ville d'ici à 2050, au moment où l'Inde devrait compter 843 millions d'urbains.

Six milliards d'euros sur quatre ans pour les vingt premières villes

Les 20 premières villes ont été sélectionnées et les projets retenus sont extrêmement divers : la ville de Bhubaneshwar, capitale d'un Etat de l'est de l'Inde, qui a présenté le meilleur projet selon les autorités, prévoit entre autres de créer un réseau de bus de nuit et d'utiliser les nouvelles technologies pour gérer le trafic de manière intelligente, ainsi que d'augmenter son budget pour la gestion des déchets.

Jaipur, au Rajasthan, veut créer davantage de bâtiments verts, qui utilisent moins de ressources naturelles, ce qui est crucial pour cette cité située en bordure de désert. En tout, le gouvernement central déboursera six milliards d'euros sur quatre ans pour ces 20 premières villes. Et 80 autres villes bénéficieront bientôt des mêmes aides.

Les urbanistes en alerte

Des critiques s'élèvent cependant de la part de certains urbanistes. En effet, ils craignent que ces grands travaux soient planifiés de haut en bas pour attirer des investissements et n'intègrent pas les problèmes de terrain : est-ce qu'un système sophistiqué de régulation du trafic peut faire disparaître les vaches qui errent dans les rues et créent des embouteillages dans les villes indiennes ?

Pas non plus besoin d'ordinateurs pour créer des routes de meilleure qualité. Il faut juste réduire la corruption dans l'administration. Ces urbanistes demandent donc que l'on n'oublie pas l'humain dans ces projets, sinon ces villes seront certainement intelligentes pour quelques-uns vivant dans de nouvelles tours ultra-connectés, mais pas plus vivables.

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