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Afghanistan / droits des femmes / cyclisme / Prix Nobel de la paix

«Les petites reines de Kaboul» plébiscitées pour le prix Nobel de la paix

Massuma (G) et Zahra Alizada (D), les deux soeurs de l'équipe nationale afghane de cyclisme féminin lors d'un entraînement près de Kaboul.
Massuma (G) et Zahra Alizada (D), les deux soeurs de l'équipe nationale afghane de cyclisme féminin lors d'un entraînement près de Kaboul. REUTERS/Mohammad Ismail
Texte par : Mélanie Kominek
4 mn

En Afghanistan, une dizaine de filles s’élancent à vélo chaque semaine dans les rues de la capitale pour braver les préjugés et pratiquer leur sport en toute liberté. Elles font aujourd’hui partie de l’équipe nationale afghane de cyclisme et sont surnommées « Les petites reines de Kaboul ». Fortes de leur succès et de l’admiration qu’on leur porte en Afghanistan mais aussi à l’étranger, cette équipe est plébiscitée pour recevoir le prix Nobel de la paix.

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« Les petites reines de Kaboul », c’est un club de cyclisme féminin qui existe depuis 2003. Il a donc été créé peu de temps après la chute des talibans en 2001. Cette équipe regroupe une dizaine de filles afghanes dont deux sœurs, Massuma et Zahra. Elles ont 17 et 19 ans, et elles sont les piliers de ce groupe. Chaque semaine, elles sont entraînées par leur coach, un ancien champion de cyclisme. Voilées sous leur casque dans les rues de Kaboul, elles bravent tous les regards. Et, en raison de leurs progrès, elles participent aujourd’hui à des compétitions internationales. En 2013, elles ont participé pour la première fois aux championnats d'Asie de cyclisme et visent aujourd'hui les Jeux olympiques de 2020.

Mais cette activité, faire du vélo, est impensable pour une fille en Afghanistan. C’est pourquoi « Les petites reines » sont autant admirées que détestées. Ces jeunes filles veulent réellement changer les mentalités à la force de leurs jambes. En Afghanistan, pratiquer un sport pour une fille n’est pas interdit mais cela l’expose néanmoins à deux menaces. La première est celle des talibans puisque ces derniers ne tolèrent pas qu’une femme puisse s’exposer ainsi en public et pratiquer un sport, tout simplement. Et puis la deuxième menace, c’est la cicatrice sociale justement laissée par les talibans et leur régime austère. En Afghanistan, la population n’a pas l’habitude de voir des filles faire du sport à l’extérieur, et bouger son corps s’apparente aux mœurs d’une fille « légère ». Alors on leur jette régulièrement des objets. Mais « Les petites reines de Kaboul » font fi de ces menaces et risquent leur vie pour changer les mentalités.

Et c’est pour cela qu’on les plébiscite pour recevoir le prix Nobel de la paix. Elles n’ont pas encore été nominées pour recevoir ce prix puisqu’on ne connaît toujours pas les choix des membres du comité Nobel qui se sont réunis le lundi 29 février 2016 pour décider des nominations. Mais, grâce à leur courage, « Les petites reines de Kaboul » ont été plébiscitées par le Parlement italien pour devenir le prochain prix Nobel de la paix - car il faut être plébiscité par une institution pour être éligible à cette grande distinction. Une pétition a été lancée par 118 députés italiens afin qu'elles fassent partie des personnalités éligibles au prix Nobel de la paix qui sera décerné en décembre prochain.

«Les petites reines de Kaboul» prennent des risques en faisant du sport en public dans les rues de la capitale afghane. Les talibans et leur idéologie sévissent toujours en mars 2016.
«Les petites reines de Kaboul» prennent des risques en faisant du sport en public dans les rues de la capitale afghane. Les talibans et leur idéologie sévissent toujours en mars 2016. REUTERS/Mohammad Ismail

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